« Occupation illégale » et barrière à la paix
Amman, 22 juin 2007 (Apic) Des leaders chrétiens du monde entier réunis dans la capitale jordanienne ont appelé à ce qu’un terme soit mis à « l’occupation illégale » par Israël des territoires palestiniens.
Dans un communiqué publié le 21 juin à l’issue d’une rencontre de trois jours, les responsables chrétiens cités par l’Agence oecuménique ENI ont déclaré qu’ils souhaitaient travailler avec les Eglises chrétiennes de Palestine et d’Israël pour établir les bases d’une paix durable, « afin de mettre fin à des décennies d’injustice, d’humiliation et d’insécurité, à des décennies de vies d’exil et d’occupation ».
Cette conférence, organisée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE), a lancé une initiative intitulée « Forum oecuménique Palestine Israël ». La démarche vise à contribuer à « mobiliser les efforts dans le but de mettre fin à l’occupation par Israël des territoires palestiniens et promouvoir l’action interreligieuse en faveur de la paix et de la justice.
Les 130 représentants d’Eglises et d’organisations chrétiennes ont déclaré qu’il n’existait pas de solution militaire au conflit que connaît le Moyen-Orient. « La violence sous toutes ses formes ne peut être justifiée, d’où qu’elle vienne, des Israéliens ou des Palestiniens », ont-ils affirmé.
« A l’endroit même où Jésus Christ a foulé notre terre, des murs séparent aujourd’hui des familles, et les enfants de Dieu, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou juifs, se trouvent pris au piège d’un cycle de violence, d’humiliation et de désespoir qui ne cesse de s’aggraver, » peut-on lire dans le communiqué.
Selon les responsables présents à la réunion, les Palestiniens ont un droit à l’autodétermination et un « droit au retour », et une solution à deux Etats au Moyen-Orient doit être « viable politiquement, géographiquement, économiquement et socialement ».
Le communiqué final de la conférence indique que les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés sont « illégales et constituent un obstacle à la paix ». Le « mur de séparation » israélien est une « grave atteinte au droit international et doit être déplacé », souligne-t-il également.
Pour une mobilisation des Eglises
« Nous attendons des Eglises du monde entier qu’elles prennent clairement position et qu’elles soient à nos cotés en manifestant une solidarité active face à ce conflit tragique qui maintient les Palestiniens dans la souffrance et les Israéliens dans la crainte et qui ne pourra etre réglé que par une paix juste », a déclaré l’évêque Munib Younan, chef de l’Eglise évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre Sainte, à la fin de la conférence, tenue du 18 au 20 juin.
Dans un discours prononcé le premier jour de la conférence, le patriarche latin (catholique romain) de Jérusalem, Michel Sabbah, a affirmé qu’en reportant la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens, on alimentait l’extrémisme et le terrorisme. « L’occupation est synonyme de violence, de meurtres d’Israéliens et de Palestiniens et de haine, » a-t-il expliqué.
Le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, a relevé dans son discours d’ouverture: « Nous devons nous pencher ensemble sur la question d’un point de vue théologique et éthique, afin d’adopter une approche fondée sur la justice et reconnaissant les préoccupations réelles d’antisémitisme croissant, tout en abordant la nécessité urgente de mettre fin à l’occupation et construire une paix juste ». (apic/eni/pr)
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