Suisse: Ecart salarial de plus en plus profond
Berne, 25 juin 2007 (Apic) Plus de 100 pour cent d’augmentation de salaire pour la direction de Oerlikon, qui se voit attribuer ironiquement la « fourchette salariale 2006 » de la faîtière syndicale Travail.Suisse.
La faîtière syndicale Travail.Suisse, anciens syndicats chrétiens, s’insurge contre « l’avidité sans bornes des managers ». Comme le montrent les chiffres présentés lors d’une conférence de presse tenue le 25 juin à Berne par Travail.Suisse, les chefs des 28 entreprises examinées ont reçu une augmentation salariale 19% en moyenne. Pour l’exercice 2006, les membres de la direction d’Oerlikon se sont particulièrement distingués par des augmentations scandaleuses au haut niveau. L’augmentation de salaire atteint en effet 109 %. C’est pourquoi, Travail.Suisse décerne ironiquement à Oerlikon « la fourchette salariale 2006 ».
Dans l’ensemble, en 2006, les chefs des 28 entreprises examinées par Travail.Suisse ont vu augmenter leur salaire de 19 pour cent. Si l’on considère l’évolution entre 2003 et 2006, ces directeurs ont engrangé au cours des quatre dernières années une augmentation salariale moyenne de 66%. Face à eux, les salariés, dans le même laps de temps, ont vu leur salaire réel augmenter de 0,8%.
Des proportions salariales de 1 à 700!
Aussi bien les salaires que l’augmentation des ces derniers deviennent « indécents » pour la faîtière syndicale. Conséquence, l’écart salarial, atteint des sommets. (Ndlr. Il s’agit d’un phénomène récent en Suisse, qui se targuait jusqu’à peu d’avoir une échelle de salaires parmi les plus basses d’Europe. Un gros écart salarial est potentiellement un facteur de troubles sociaux et de mécontentements importants dans une société).
« Les plus cupides » sont les grandes banques Union de Banques Suisses (UBS) et Crédit Suisse (CS), les géants pharmaceutiques Roche , Novartis et Nestlé. « L’écart salarial le plus élevé atteint le rapport incroyable de 1 à 700″. Travail.Suisse constate que d’autres entreprises, jusque là responsables en matière d’échelle des salaires, qualifiées d’ » intègres, jusqu’ici », sont « avides de rattrapage ».
Autre grand écart de pauvreté, les femmes divorcées
La Commission fédérale pour les questions féminines (CFQF) exige des mesures pour améliorer la situation des femmes divorcées. La Commission constate que les femmes sont deux fois plus frappées par le risque de pauvreté après un divorce ou une séparation. Elle relève que le risque élevé de pauvreté auquel sont exposées les femmes divorcées s’explique en grande partie par la pratique juridique. Selon une étude publiée par la Commission, la jurisprudence impose de ne pas empiéter sur le minimum vital de celui qui paie une pension, l’homme dans la plupart des cas. Toutefois, si le divorce appauvrit les deux ex conjoints, plus de 10% des femmes vivent en dessous du seuil de pauvreté, contre 5% des hommes dans la même situation. Elles deviennent tributaires de l’aide sociale et de leurs proches. Les services sociaux pouvant en effet exiger un soutien financier.
Autres lacunes constatées dans l’étude, la femme dont la situation financière s’améliore sera obligée, elle seule, de rembourser l’aide sociale touchée. (apic/com/ag/vb)
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