Lucerne: Remise du Prix Herbert Haag pour la liberté dans l’Eglise
Lucerne, 26 juin 2007 (Apic) Le Prix de la Fondation Herbert-Haag a été remis dimanche 24 juin à Lucerne à trois défenseurs de la liberté dans l’Eglise. Les lauréats sont la Mission de Bethléem Immensee, le professeur de théologie John Fernandes, en activité à Mangalore dans le Sud de l’Inde, et le théologien bâlois Xaver Pfister.
La liberté dans l’Eglise est indispensable au dialogue libre avec les autres Eglises, religions et cultures: c’est pour ce motif qu’ont été choisis les trois lauréats, affirme la Fondation Herbert-Haag pour la liberté dans l’Eglise dans un communiqué.
«L’Eglise meurt-elle?» Tel a été le titre de la revue des Missionnaires de Bethlehem Immensee de janvier 2005. Cette question a été reprise lors de la remise du Prix par Hans Küng, président de la Fondation Herbert Haag. Selon le théologien suisse, derrière la brillante façade catholique se cache une Eglise qui s’effrite. Même les grands rassemblements ecclésiaux ne peuvent dissimuler cette évolution. Comme motif, Hans Küng cite «les lacunes fondamentales du système romain, qui en tant que tel est à distinguer de l’Eglise catholique».
Les trois acteurs distingués par le Prix Herbert Haag luttent à leur manière pour davantage de liberté dans l’Eglise, relève la Fondation. John Fernandes oeuvre durant toute sa vie à «traduire l’histoire de Jésus de Nazareth, ainsi que ses langages, signes, symboles et rites dans la réalité indienne et à les faire s’enraciner». C’est en respectant le principe «Dieu est plus grand que toutes les religions», que John Fernandes entre dans un dialogue total, dans sa patrie du Sud de l’Inde, avec les représentants des religions environnantes: hindous, musulmans et adeptes du jaïnisme, a affirmé le vice-président de la Fondation, Erwin Koller, dans sa laudatio.
Le conflit fait prendre l’amour au sérieux
Que les discussions critiques avec le «système romain» ne font pas forcément naître des forts sentiments de liberté personnelle, le deuxième lauréat, Xaver Pfister, l’a expérimenté dans sa chair. Le formateur d’adultes et chargé d’information de l’Eglise catholique à Bâle a été à l’origine en 2004 d’une lettre ouverte, signée par 41 personnalités catholiques, appelant le pape Jean Paul II à démissionner pour raison d’âge. Mais lorsqu’il a remarqué qu’après le printemps prometteur du Concile Vatican II, la liberté a à nouveau perdu du terrain, Xaver Pfister a sombré dans une grave dépression. Il l’a expliqué dans un livre intitulé «Masken des Männlichen» (Les masques du mâle). «Mes quatre fils et le Prix Herbert Haag me donnent la motivation afin de poursuivre ma lutte contre le manque de perspectives dans lequel se retranche mon Eglise», a lancé Xaver Pfister dans son message de remerciements. Ajoutant:» Le conflit fait prendre l’amour au sérieux. Mon amour va vers une Eglise querelleuse».
La Mission de Bethlehem Immensee (MBI) connaît également le défi que constitue le fait de mener et de supporter les conflits. Son organisation est jugée par la Fondation Herbert Haag «très non-romaine». Car, dans toutes les questions qui touchent l’oeuvre missionnaire, tous participent avec les mêmes droits: hommes et femmes, célibataires et personnes mariées, prêtres et spécialistes laïques, lorsqu’il s’agit d’adopter des lignes de conduite et des projets et de prendre des responsabilités, souligne la Fondation dans un communiqué. D’autre part, les membres de la MBI apportent leur témoignage «dans le respect des cultures locales, en en lien avec un engagement solidaire pour les personnes dans la misère et une conception moderne du travail de développement et de la mission», a souligné Anne-Marie Holenstein dans sa laudatio.
La Fondation Herbert-Haag pour la liberté dans l’Eglise est présidée par le théologien suisse Hans Küng. Elle a été lancée en 1985 par le théologien Herbert Haag, qui vivait à Lucerne, et qui est décédé en 2001. L’an dernier, le Prix a été attribué à la paroisse de Röschenz, en conflit avec son évêque à cause de son prêtre suspendu Franz Sabo, ainsi qu’à Matthias Drobinski, journaliste au quotidien «Süddeutsche Zeitung» à Munich, à l’éditrice et auteur de livres Dolores Bauer, de Vienne, à Michael Meier, du quotidien «Tagesanzeiger» à Zurich, et à Hansjörg Schultz, correspondant de la station de radio suisse alémanique DRS 2 à Bâle. (apic/com/bb)
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