Service pastoral souvent confondu avec Exit

Lucerne: Accompagnement en fin de vie et aide au suicide, quelle différence?

Georges Scherrer, agence Apic / Adaptation: Bernard Bovigny

Lucerne, 27 juin 2007 (Apic) Beaucoup de femmes et d’hommes sont aujourd’hui disponibles pour accompagner des personnes dans les derniers instants de leur vie. Mais cette offre est parfois confondue avec l’aide au suicide proposée par Exit ou Dignitas.

Georgette Baumgartner-Krieg, responsable de l’association pour l’accompagnement de malades graves à Lucerne, suit cette évolution avec attention et la considère comme un nouveau défi. Infirmière de formation, elle a suivi le séminaire d’accompagnement pastoral à Zürich. Elle a travaillé quelques années comme assistante pastorale à Lucerne avant de se lancer dans l’accompagnement en fin de vie.

Depuis le développement des associations Exit et Dignitas, une confusion s’installe chez beaucoup de personnes au sujet de « l’accompagnement en fin de vie », souligne Georgette Baumgartner, responsable de ce service depuis un an et demi. Il arrive qu’on lui téléphone, même de l’étranger, pour demander le flacon de barbiturique, ce poison mis à disposition des organisations d’aide au suicide pour mette fin aux souffrances d’un patient.

Georgette Baumgartner se souvient précisément d’un homme atteint d’une très grave tumeur au cerveau. La médecine ne pouvait plus l’aider, les douleurs étaient insupportables et son épouse soutenait sa volonté de mettre fin à ses jours. Ce sont des moments difficiles, affirme la responsable de ce service qui réunit 24 personnes prêtes à accompagner les patients en famille, au home ou à l’hôpital, lorsque la fin de la vie approche. Ces accompagnatrices et accompagnateurs réagissent de façons très diverses par rapport à l’offre d’Exit, mais la plupart s’en distancient clairement du fait que leur vocation les pousse à un accompagnement et non à une aide au suicide. « Lorsqu’il m’arrive à travers une écoute très attentive d’empêcher un suicide, cela me touche très profondément », affirme Georgette Baumgartner.

Elle se rappelle en particulier d’un exemple marquant. Un jeune homme très dépressif est venue à son bureau et a longuement parlé avec elle. Les médicaments et les thérapies se sont avérés absolument inefficaces, a-t-il affirmé en demandant de l’aide. De tels dialogues se passent également autour du lit d’un malade grave et constituent pour les accompagnateurs bénévoles un « énorme fardeau ». C’est pourquoi l’association leur propose des échanges sur ces problématiques.

Pas de jugement superficiel sur une demande de suicide

Les accompagnatrices et accompagnateurs, le plus jeune a 35 ans, sont toujours plus sensibilisés sur la question des maladies graves. Il est important pour la responsable que personne ne prononce un jugement superficiel au sujet d’une demande d’aide au suicide. Afin d’affronter avec à-propos cette problématique, l’association a doublé depuis 2 ans son budget de formation continue. Alors que l’aide au suicide n’était pas un thème d’actualité il y a 5 ans, sa médiatisation a provoqué de plus en plus de demandes à l’heure actuelle.

Georgette Baumgartner souligne que l’accompagnatrice ou l’accompagnateur est souvent la dernière personne extérieure avec laquelle le malade grave a un contact libre. C’est au bord du lit du patient, durant les longues heures de veille et d’accompagnement, que se construit le plus souvent la relation de confiance. A ce moment reviennent en surface les dernières préoccupations restantes. Ce qui n’a pas été résolu se traduit en paroles. Cela peut prendre la forme d’un dernier adieu manqué à une amie ou des indications pour après le décès. On essaie ensuite d’aider au mieux les personnes restantes, qui sont parfois désemparées, en transmettant par exemple un message ou un dernier adieu.

Indication aux rédactions: Des photos payantes (80 frs la première, 60 frs les suivantes) sont à disposition à l’adresse courriel kipa@kipa-apic.ch

Commande ou paiement à: Apic, Pérolles 36, Case postale 192, CH-1705 Fribourg

CCP: 17-337-2.

(apic/gs/bb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/lucerne-accompagnement-en-fin-de-vie-et-aide-au-suicide-quelle-difference/