Irak: Tout le monde est persécuté dans ce pays, pas seulement les chrétiens
Bagdad, 28 juin 2007 (Apic) Tout le monde est persécuté en Irak. Et pas seulement les chrétiens. Ecrire que seuls les chrétiens sont victimes est inexact, estime le Père Saad Hanna Sirop, l’un des premiers prêtres chaldéens à avoir été enlevé à Bagdad.
«J’estime qu’il est inexact de parler de persécution systématique de la part des musulmans, dans la mesure où eux-mêmes sont actuellement victimes de menaces, de meurtres et de migrations forcées. Peut-être que les chrétiens le sont davantage mais il est nécessaire de réaffirmer qu’en Irak, tout le monde est persécuté!» écrit le Père Saad Hanna Sirop, l’un des premiers prêtres chaldéens à avoir été enlevé à Bagdad, et ancien responsable du Babel College, dans un article publié mardi par «Asianews», l’agence de presse de l’Institut pontifical des missions étrangères (Pime), spécialisée dans la publication de nouvelles sur l’Asie.
Dans son intervention, citée par l’Agence Misna, le Père Saad Hanna Sirop – actuellement à Rome pour des recherches – réaffirme que les persécutions en cours en Irak ne concernent pas seulement les chrétiens et frappent toute la population nationale, y compris les chiites, les sunnites et les autres minorités. «Avant toute chose je voudrais dire – poursuit le communiqué du prêtre irakien chaldéen – que les chrétiens d’Irak ont toujours cohabité avec leurs frères musulmans et qu’ils ont gagné leur respect; la communauté islamique a reconnu chez le chrétien au fil du temps une personne honnête, pacifique et fidèle à ses principes religieux. Mais à la suite de l’intervention américaine de 2003, l’image du chrétien a beaucoup changé à cause de la portée politique qui l’a accompagnée et des annonces de type religieux qui sont allées quelquefois jusqu’à la décrire comme une croisade contre les musulmans. Tout cela a influé sur la situation de cohabitation entre les musulmans et les chrétiens et a provoqué une grande méfiance des uns à l’égard des autres».
Situation désespérée. Mais pour tous les habitants
Selon lui, «la situation réelle en Irak est désespérée pour tous les habitants». Le Père Saad Hanna Sirop énumère les éléments qui favorisent cette détresse: des centaines de familles chrétiennes et musulmanes quittent leurs foyers afin d’échapper au terrorisme et aux milices de tel ou tel parti; des dizaines de personnes perdent la vie chaque jour à cause de la discrimination religieuse et de la haine ethnique qui s’est instaurée après la guerre; des églises et des mosquées sont frappées et détruites chaque semaine et aucun homme politique irakien ne lève la voix ou n’intervient concrètement; le gouvernement de Bagdad est faible et divisé sur les lignes ethniques et confessionnelles, et ne peut donc rien faire pour améliorer la situation, qui empire en effet progressivement: la violence, la corruption, la division, les morts et la destruction ne cessent d’augmenter; la réconciliation mise en place par le gouvernement a provoqué une séparation profonde et une déstabilisation de toutes les zones, les attentats ont redoublé au nord comme au sud; les discours politiques sont partiaux et les autorités servent les intérêts de leurs factions respectives sans s’occuper du bien commun, au détriment du respect des droits de l’homme.
Un bien de l’humanité
Pour le religieux chaldéen l’Irak est un bien pour toute l’humanité : c’est le pays des cultures et des civilisations antiques (Sumériens, Babyloniens, Assyriens.). «L’écriture, l’amour de la science, la religion spirituelle, le droit, certains Livres de la Bible sont nés en Irak. L’Irak n’appartient pas seulement aux Irakiens, mais à tout le monde. C’est pourquoi je soutiens que nous sommes tous responsables de la restauration de la véritable image de l’Irak. Les paroles et les discours de condamnation ne suffisent pas, il faut une action internationale», conclut le prêtre. (apic/misna/pr)
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