Verdict « regrettable »
Lubumbashi, 29 juin 2007 (Apic) Neuf militaires et trois employés d’une compagnie canadienne, accusés de crimes de guerre, ont été acquittés jeudi par le tribunal militaire de Lubumbashi (Katanga). Ce verdict est qualifié de « regrettable » par les ONG qui ont suivi ce procès.
Le tribunal militaire, complaisant, jugeait depuis décembre dernier, neuf militaires congolais et trois employés étrangers de la compagnie canadienne Anvil Mining, accusés de « crimes de guerre » et de « complicité dans ces crimes » à Kilwa, où en octobre 2004 la population fut victime d’exactions commises par les militaires ayant utilisé des véhicules et du matériel d’Anvil Mining.
Aucun des accusés n’a été condamné pour crimes de guerre et complicité, mais deux officiers militaires ont écopé de la réclusion à perpétuité pour le meurtre de civils; deux autres soldats ont été condamnés à des peines mineures pour d’autres crimes. Le tribunal s’est en outre déclaré incompétent sur la demande d’indemnisation des parties civiles. Les employés de la compagnie, le Canadien Pierre Mercier et les Sud-africains Peter Van Niekerk et Cedric Kirsten, accusés de complicité pour avoir apporté un appui logistique soldats, ont été disculpée par le tribunal, qui a conclu que les véhicules et appareils avaient été réquisitionnés par l’armée.
« Nous sommes très déçus de ce verdict regrettable, qui balaye les faits de Kilwa et ne rend pas justice aux victimes » a dit en réaction à l’Agence Misna un représentant de l’organisation Action contre l’impunité pour les droits humains (Acidh) contacté par téléphone à Lubumbashi. « Pratiquement personne n’a été puni pour les crimes et les actes de vandalisme qui furent commis à l’époque. C’est à croire que ce procès a fait passer en second plan la justice pour les victimes des violations des droits humains, préférant privilégier d’autres intérêts, peut-être économiques, qui profitent à une poignée de privilégiés » a conclu le porte-parole de l’Acidh.
Des dizaines de victimes
En octobre 2004, un groupe d’une dizaine d’individus armés mal équipés avaient envahi la localité minière de Kilwa, terrorisant les habitants; l’armée avait été envoyée sur place pour déloger ces miliciens, utilisant des véhicules de la compagnie Anvil Mining, qui exploite dans la région le cobalt et le cuivre. Selon les associations des droits de l’homme et la population, pendant la contre-offensive des militaires, des dizaines de civils furent tués et jetés dans des fosses communes (certaines sources indiquent le nombre de 122, mais à l’ouverture du procès les accusés comparaissaient pour le meurtre de 26 personnes), des femmes violées et de nombreux biens pillés. (Apic/misna/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse