Pologne: L’Eglise soutient les syndicats dans leur opposition au travail dominical
Varsovie, 29 juin 2007 (Apic) Les syndicalistes polonais ont obtenu le soutien de responsables catholiques après avoir entamé une série de grèves pour exiger le droit de ne pas travailler le dimanche dans les supermarchés appartenant à la chaîne de distribution britannique Tesco.
Le syndicat Solidarnosc a annoncé son action le 7 juin, jour de la Fête-Dieu, férié en Pologne, après avoir exhorté Tesco, qui emploie 25’000 personnes dans 280 supermarchés et 21 stations-service en Pologne, à prendre en considération les traditions locales lors de la mise en place des heures de travail.
L’archevêque Stanislaw Gadecki, de Poznan, soutient l’action des syndicats. «S’abstenir de travailler le dimanche n’est pas qu’un devoir religieux, c’est aussi un droit fondamental de la personne,» a déclaré l’archevêque, cité vendredi par ENI. Selon lui, l’absence d’interdiction du travail dominical et le fait que de nombreux patrons forcent leurs employés à travailler posent un grave problème de conscience aux croyants.
Monika Kosinska, porte-parole de Tesco, a déclaré depuis la Grande-Bretagne que tous les employés de l’entreprise avaient le droit de choisir leurs heures de travail. «Tesco est une entreprise très ouverte, mais il nous est difficile de répondre pour la branche polonaise,» a expliqué Monika Kosinska au correspondant d’ENI. «J’ai étudié les droits de la personne, or j’ignorais qu’il existe un droit à ne pas travailler le dimanche. Je n’imagine pas que Tesco puisse forcer quiconque à travailler un jour de la semaine en particulier,» a-t-elle affirmé.
Le père Zbigniew Samociak, prêtre catholique de Gorzow, a déclaré que sa cathédrale se trouvait maintenant dans l’ombre d’un hypermarché Tesco ouvert 17 heures par jour. Selon lui, l’entreprise britannique empêche systématiquement les employés catholiques d’assister à la messe et ne montre aucun respect pour les fêtes religieuses polonaises.
Les responsables d’Eglise ont par le passé appelé à des contrôles plus stricts des hypermarchés de Pologne, dont les capitaux proviennent essentiellement de l’étranger. Cependant, un amendement au Code du travail qui les aurait forcés à fermer le dimanche a été rejeté en 2001 sur la base d’affirmations selon lesquelles cette mesure aurait laissé 16’000 personnes sans emploi. (apic/eni/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse