«Dieu a déserté le régime de Robert Mugabe»
Harare, 3 juillet 2007 (Apic) Mgr Kevin Dowling, évêque catholique romain de Rustenburg, en Afrique du Sud, a accusé le gouvernement zimbabwéen d’avoir perdu toute légitimité, affirmant que Dieu n’est «pas avec lui».
«Un gouvernement qui torture son propre peuple n’est pas un gouvernement mais un régime, un régime illégitime, même,» a déclaré l’évêque sud africain Mgr Dowling. Le responsable d’Eglise sud-africain s’exprimait le 26 juin en la cathédrale Sainte-Marie, à Bulawayo, deuxième ville du Zimbabwe, lors de la célébration de la Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture.
«Les ecclésiastiques sud-africains savent ce que l’apartheid a causé à l’esprit du peuple. Notre peuple a souffert. Il a été torturé ; certaines personnes ont disparu et d’autres ont été tuées,» a déclaré Mgr Dowling, avant d’ajouter : «Dieu n’était pas avec le régime de l’apartheid et Dieu n’est pas avec ce régime au Zimbabwe. Il s’effondrera.»
Augmentation de cas de tortures
Les propos de l’évêque sud-africain sont intervenus quelques jours après que des organisations ecclésiastiques du Zimbabwe, réunies sous le nom d’Eglises oeuvrant pour la paix, ont déploré l’augmentation des cas de torture dans le pays.
Les organisations de la société civile ont déclaré qu’environ 300 militants de l’opposition et des droits de la personne ont été torturés par des agents de l’Etat depuis le début de 2007. Parmi ceux qui auraient été assassinés se trouve un membre du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d’opposition. Selon des opposants au gouvernement du président Mugabe, la police anti-émeute aurait kidnappé l’homme du MDC, qui a été par la suite retrouvé mort.
A Bulawayo, la cérémonie était présidée par l’archevêque catholique de la ville, Pius Ncube, critique de longue date des violations des droits de l’Homme commis par le Zanu-PF, parti au pouvoir de Robert Mugabe.
Le gouvernement du Zimbabwe a été condamné par la communauté internationale en mars, lorsque le leader d’opposition Morgan Tsvangirai est apparu à la télévision boursouflé et couvert de pansements, après avoir été interpellé par la police pour avoir bravé l’interdiction, décrétée par les autorités, de participer à des rassemblements politiques. Selon Robert Mugabe, le leader d’opposition avait provoqué ses assaillants. (apic/eni/vb)
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