« Le Vatican y gagnera un pays, mais la Chine le monde »
Pékin, 5 juillet 2007 (Apic) « Si les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la République Populaire de Chine se rétablissent, le Vatican y gagnera un pays, mais la Chine y gagnera le monde »: cette phrase, prononcée par un haut dirigeant du Bureau des Affaires religieuses de Pékin, illustre le climat d’espoir que semble avoir suscité la lettre du pape Benoît XVI aux catholiques chinois. Cela malgré le « visage impénétrable » que gardent les autorités du pays de la Grande Muraille.
L’Agence Misna a également voulu « tâter le pouls » de l’Église reconnue officiellement par l’État, que l’on appelle « erronément » « l’Église officielle », en contactant un prêtre qui en fait partie et qui a demandé à conserver l’anonymat. « J’admire la sagesse du pape – a déclaré notre interlocuteur – la lettre répond de manière très exacte à différents aspects d’une situation concrète et donne de sages conseils pour résoudre des problèmes réels : je la comparerais presque à une lettre de saint Paul ! Elle est pleine de charité, elle ne comporte aucune condamnation ni exclusion, mais la tentative de tout rassembler dans l’unité de l’Église. Elle ne se réfère pas tant aux aspects négatifs, mais insiste plutôt sur les dénominateurs communs de la doctrine de l’Église et notamment d’unité, de charité et de réconciliation ».
Les relations entre les deux principaux groupes de l’Église chinoise n’ont pas toujours été fraternelles. Dans les années 80, un groupe d’évêques de « l’Église clandestine » prépara et envoya à Rome une liste de 13 points dans le but d’établir quelles devaient être les relations entre les deux groupes. Entre autres choses, ces évêques considéraient comme complètement illicites et non valables les sacrements célébrés par les membres de « l’Association patriotique catholique » (celle que l’on appelle « Église officielle »). Une « Directive en huit points » partit de Rome en 1988 : ce document, parvenu clandestinement en Chine, essayait d’adoucir la liste des 13 points. Cette directive provenait probablement du cardinal Tomko, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples ; mais une source très bien informée et proche du Vatican, qui a demandé à ne pas être nommée, révèle que « le document ne comportait pas de signature, ni de sceau, ni de date de promulgation, ce qui rend sa validité officielle douteuse », bien qu’elle se révéla pour beaucoup en Chine une sorte de phare à suivre (ou, selon les versions, une bougie à laquelle se brûler les ailes).
Nouveauté
La nouveauté de la lettre du pape aux catholiques de la République Populaire de Chine, publiée il y a quelques jours, réside dans le fait qu’elle annule toutes les dispositions précédentes et les privilèges spéciaux et très spéciaux. « C’est une joie de voir qu’il a effacé ces « 8 points » – dit à MISNA le prêtre interviewé – car ils n’étaient que source de douleur et de division, et non pas d’unité telle que la prônait Jésus. Ils représentaient une condamnation inutile et injuste ». Notre source proche du Vatican a également expliqué que l’un des « privilèges très spéciaux » accordés aux évêques chinois fidèles à Rome pendant la période la plus difficile de la Révolution Culturelle (1966-1976) consistait en la garantie de la continuité de l’existence de l’Église en Chine par le biais de l’ordination d’évêques, même sans la nomination de Rome. Il suffisait d’informer le pape à la suite de l’ordination. En quelque sorte, chaque évêque était responsable non seulement de son diocèse, mais aussi de l’existence d’un évêque dans le diocèse voisin. Mais ce privilège fut également le prétexte à des abus qui créèrent des problèmes au Saint Siège: certains évêques entreprirent de voyager dans toute la Chine ordonnant des évêques à droite et à gauche. Il y eut des cas où Rome planifiait une nomination, mais la hâte d’un évêque qui voyait « la pauvre brebis sans berger » l’entraînait à ordonner rapidement une autre personne à cette fonction. Et tout ceci s’est fini par une lettre.
Irak: Après le quartier de Dora, c’est le tour des districts d’Alameria et de Hai-Aljameea
L’ »épuration ethnique » visant les chrétiens continue à Bagdad
Bagdad, 5 juillet 2007 (Apic) Après le quartier de Dora, à Bagdad, c’est le tour des districts d’Alameria et de Hai-Aljameea d’être la cible d’une véritable « épuration ethnique » visant la minorité chrétienne. Mais, rapporte les correspondants de l’agence catholique italienne AsiaNews, les violences et les enlèvements touchent indistinctement chrétiens, sunnites et chiites.
L’unique porte de salut pour beaucoup est désormais, pour ceux qui en ont la possibilité, la fuite de la capitale irakienne. A la mi-juin, après la seconde attaque contre la Mosquée d’Or de Samarra, l’un des plus importants sanctuaires chiites d’Irak, des sources non officielles parlent de l’exode de 400 familles musulmanes qui ont fui Bagdad en une seule semaine, par peur de représailles et de nouvelles violences sectaires.
4 chrétiens enlevés alors qu’ils fuyaient Bagdad
AsiaNews annonce par ailleurs, jeudi 5 juillet, l’enlèvement de 4 chrétiens qui fuyaient Bagdad pour chercher refuge dans leur village d’origine, au Kurdistan. Ils avaient reçu des menaces de mort de la part de groupes terroristes s’ils ne quittaient pas la capitale. Les chrétiens restés à Bagdad racontent que face à une absence complète de règles et de respect des autorités, les criminels et les terroristes « font subir à la population ce qu’ils veulent ».
Les quatre chrétiens ont été kidnappés mercredi matin sur la route menant à Kirkuk. Il s’agit de Georges Isaak et de son fils Stuart, ainsi que de Shaqat Youssif et de Martin Yacoub. Ils ont été enlevés près de la localité de Salman Beck, à 120 km au sud de Kirkuk. Ils voulaient rejoindre leur village de Daiabun, près de Zakho, au Kurdistan irakien. Les responsables religieux sur place cherchent actuellement le contact avec les ravisseurs.
La dynamique et le contenu des menaces contre les chrétiens sont les mêmes depuis des mois à Bagdad: ou la conversion ou tout abandonner sur place, sans rien emporter. Selon des sources locales, citées par AsiaNews, les criminels agissent en toute liberté et peuvent menacer par lettres ou par des appels téléphoniques, piller, voire tuer, sans risques pour eux-mêmes. Les musulmans qui seraient tentés d’aider leurs voisins chrétiens sont également la cible de ces groupes criminels qui se camouflent souvent derrière une rhétorique islamiste. (apic/asian/be)
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