L’analyse du père Lombardi

Motu Proprio: Quiconque l’utiliserait pour susciter des tensions en trahirait l’esprit

Rome, 7 juillet 2007 (Apic) Quiconque utiliserait le Motu Proprio pour susciter des tensions en «trahirait radicalement l’esprit», a estimé le père Federico Lombardi. En commentant le Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI sur les ondes de Radio Vatican, le 7 juillet 2007, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a aussi indiqué que le pape n’imposait «aucun retour en arrière». Le jour même, le pape a libéralisé l’usage de la messe selon le rite préconciliaire de 1962.

Selon le Père Lombardi, Benoît XVI se sent «profondément responsable de l’unité». Il «pense naturellement» à ceux qui se trouvent encore aujourd’hui «en rupture avec la communion ecclésiale», mais aussi à ceux «qui se trouvent en tension» en son sein même, a-t-il souligné.

Selon le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le pape, par la promulgation de ce nouveau document pontifical, «rappelle que, tout comme l’on ne peut considérer prohibés ou dommageables les livres liturgiques plus anciens, de même personne n’a le droit de considérer négativement ceux qui ont été rénovés. Il invite tout le monde «à l’ouverture réciproque dans l’unité de la même foi». A ceux qui craignent que «la coexistence des deux formes du rite puisse être cause de division», il «dit estimer que cette peur n’est pas réellement fondée», a insisté le père Lombardi.

Benoît XVI «ne souhaite accomplir aucune révolution par rapport à l’usage liturgique actuel renouvelé par le Concile, qui continuera à être suivi par la grande majorité des fidèles», a-t-il encore précisé. «Il n’impose aucun retour en arrière» et ne veut «aucun affaiblissement de l’autorité du Concile ni de l’autorité et de la responsabilité des évêques». Il entend simplement offrir à ceux qui ressentent «une motivation et un profond désir» de célébrer la liturgie «selon la forme du rite romain précédemment en usage», de pouvoir «le faire sereinement, en se sentant accueillis avec bienveillance».

En tous cas, le pape «souhaite que la coexistence des deux formes du rite porte les deux, non à s’opposer et à s’exclure, mais à s’enrichir mutuellement», a insisté le directeur de Radio Vatican, d’une part «avec une plus grande sacralité» de la célébration et de l’autre «avec une plus grande variété et expressivité des éléments». Aussi, «même pour ceux qui ne prévoient de changer d’aucune façon leur usage liturgique», il y a «un message important». Celui que «la liturgie doit être célébrée avec soin et respect, justement parce qu’à travers elle, se communique le mystère Dieu», a expliqué le jésuite italien. Si ce respect manque, l’Eglise entière en souffre, «parce que les abus sont toujours source de division».

Benoît XVI nous a expliqué «que la lecture correcte du Concile Vatican II doit insister sur la ’continuité’ plutôt que sur la ’rupture’», a encore déclaré le père Lombardi. Et «la coexistence des deux formes d’un unique rite liturgique doit s’interpréter dans cette ligne». «Du reste, nous voyons le pape célébrer continuellement solennellement selon le nouveau rite», a-t-il commenté. «Nous n’avons donc aucune raison de craindre. Benoît XVI ne nous fait pas revenir en arrière, mais nous conduit vers l’avant». (apic/imedia/ar/pr)

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