Rome: Motu Proprio: l’héritier de Mgr Lefebvre se «réjouit» d’une tradition liturgique retrouvée

«Des difficultés subsistent encore», dit le chef de file des intégristes

Rome, 7 juillet 2007 (Apic) Le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Bernard Fellay, a jugé qu’il restait encore des «difficultés», après la publication par Benoît XVI du Motu Proprio Summorum Pontificum libéralisant l’usage de la messe tridentine. Cependant, l’héritier de Mgr Marcel Lefebvre «se réjouit» de voir l’Eglise retrouver ainsi «sa tradition liturgique».

La lettre qui accompagne le Motu Proprio, a indiqué Mgr Fellay dans un communiqué, «ne cache pas les difficultés qui subsistent encore». L’évêque ordonné illicitement en 1988 a demandé, entre autres, «le retrait du décret d’excommunication qui frappe toujours (les) évêques» de la Fraternité Saint-Pie X. Il forme aussi «le souhait que le climat favorable instauré par les nouvelles dispositions du Saint-Siège permette – après – d’aborder plus sereinement les points doctrinaux en litige», sans citer explicitement l’héritage du Concile Vatican II (1962-1965) qui pose problème.

L’héritier de Mgr Lefebvre a estimé cependant qu’avec le Motu Proprio Summorum Pontificum, Benoît XVI avait «rétabli dans ses droits la messe tridentine, affirmant avec clarté que le Missel Romain promulgué par saint Pie V n’a jamais été abrogé». Ainsi, exprimant sa «gratitude» au pape, il «se réjouit de voir l’Eglise retrouver ainsi sa tradition liturgique, donnant aux prêtres et aux fidèles qui en avaient été jusqu’à présent privés, la possibilité d’accéder librement au trésor de la messe traditionnelle pour la gloire de Dieu, le bien de l’Eglise et le salut des âmes».

Dans sa lettre aux évêques accompagnant le décret Motu Proprio Summorum Pontificum, Benoît XVI a affirmé que «nous savons tous qu’au sein du mouvement conduit par Mgr Lefebvre, la fidélité au Missel ancien est devenue un signe distinctif extérieur; mais les raisons de la fracture qui naissait sur ce point étaient à rechercher plus en profondeur». Au début de son pontificat, en août 2005, Benoît XVI avait souhaité rencontrer Mgr Bernard Fellay, le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X fondée par Mgr Lefebvre et séparée de Rome depuis 1988. Après l’autorisation élargie de la célébration de la messe dans le rite de saint Pie V, une des deux exigences du côté des intégristes demeure donc, celle de la levée des excommunications de 1988. Ensuite, un dialogue théologique pourrait voir le jour sur un autre fossé qui sépare Rome et cette frange traditionaliste autour de certains ’fruits’ du Concile Vatican II comme l’oecuménisme, le dialogue interreligieux et la liberté religieuse. Mais, du côté de Rome, ces ’fruits’ ne semblent pas négociables.

Pour sa part, le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a rappelé des propos du pape en décembre 2005 qui indiquait alors que «la lecture correcte du Concile Vatican II doit insister sur la ’continuité’ plutôt que sur la ’rupture’». (apic/imedia/ami/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-motu-proprio-l-heritier-de-mgr-lefebvre-se-rejouit-d-une-tradition-liturgique-retrouvee/