Tour de France des réactions
Paris, 9 juillet 2007 (Apic) Le décision du pape Benoît XVI d’autoriser la messe en latin a été accueillie avec sérénité par les évêques catholiques romains français, fers de lance de l’opposition à une telle libéralisation. Ceux-ci continuent toutefois de manifester leur inquiétude sur plusieurs points.
Lors d’une conférence de presse, le cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, a joué l’apaisement et mis l’accent sur la «volonté de réconciliation du pape». Il a ajouté : «Pour le pape, il n’y a pas de perdant, ni de gagnant. A partir du moment ou` le climat n’est plus à la polémique, chacun peut écouter l’autre.»
Toutefois, les craintes sont loin d’être apaisées, écrit l’Agence oecuménique ENI. «Il risque d’y avoir des grumeaux dans la pâte», a ainsi déclaré le cardinal Ricard, faisant allusion à de possibles conflits dans les paroisses. De son coté, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a déclaré au quotidien «Le Monde», cité par ENI, que «les risques de tensions entre fidèles étaient réels».
Quelques jours avant la publication, le 7 juillet, du Motu proprio qui libéralise la messe en latin, plusieurs évêques faisaient part de leurs interrogations. «S’il y a des difficultés, il est à craindre que des prêtres quittent leurs fonctions», a affirmé à ENI Mgr Jean-Louis Papin, évêque de Metz.
A l’automne 2006, les évêques catholiques s’étaient largement mobilisés pour faire part de leur opposition à la libéralisation de la messe en latin. «Nous avons fait part de nos inquiétudes à Benoît XVI et nous avons été écoutés dans nos questions. Le pape répond à celles que nous avions soulevées. C’est pour cela qu’il a pris le temps de la réflexion», a estimé le cardinal Ricard, lors de sa conférence de presse.
Autorité remise en cause?
Les évêques français craignaient notamment que leur autorité ne soit remise en cause, chaque prêtre décidant à l’avenir dans sa propre paroisse de célébrer ou non la messe en latin. Le Motu proprio précise cependant qu’en cas de conflit, un recours sera porté devant l’évêque. «Je ne crois pas que je vais être au chômage», a estimé le cardinal Ricard.
Dans sa lettre d’accompagnement adressée aux évêques, Benoît XVI affirme vouloir «une réconciliation interne au sein de l’Eglise». Cette déclaration a été perçue par certains observateurs comme une référence au mouvement fondé par le défunt archevêque français Marcel Lefebvre. Mouvement intégriste qui rejette les réformes du concile Vatican II, notamment la célébration de la messe dans les langues locales.
L’archevêque Lefebvre a été excommunié en 1988 après avoir consacré quatre évêques sans l’autorisation du Vatican. Le mouvement «lefebvriste» compterait environ 100’ 000 fidèles en France sur les 500’000 qu’il revendique à travers le monde.
«C’est un premier pas et un pas important», a déclaré à ENI l’abbé Alain Lorans, chef du bureau d’informations de la Fraternité Saint Pie X. «Nous sommes dans un processus de rapprochement et nous avons établi un climat de confiance».
Personne ne se bouche les yeux cependant: il reste encore plusieurs sujets de désaccord entre la Fraternité et le Vatican. Dont celui de l’oecuménisme. (apic/eni/pr)
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