France: Document de la Congrégation vaticane
Paris, 10 juillet 2007 (Apic) Le Frère Michel Mallèvre, directeur du Service national pour l’unité des chrétiens, apporte son éclairage sur ce nouveau texte de portée oecuménique, publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Pour le Frère Michel Mallèvre, directeur du Service national pour l’unité des chrétiens, le texte publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi porte essentiellement sur le sens de l’affirmation conciliaire selon laquelle l’Eglise du Christ «subsiste dans l’Eglise catholique». (Constitution dogmatique sur l’Eglise n° 8). Et donc, en sur l’emploi précis des termes «Eglise» et «Communautés ecclésiales» par le même Concile Vatican II et les textes postérieurs du Magistère. Il s’agit d’un document technique qui s’adresse à des théologiens, capables de reconnaître son genre littéraire particulier, affirme le Frère Michel Mallèvre.
Le contexte du document
Il permet de comprendre mieux, dit en substance l’ecclésiastique, dans le sens, qu’une première version du n°8 de la Constitution sur l’Eglise du Concile Vatican II disait que l’Eglise catholique «est» l’Eglise fondée par Jésus-Christ. Ce qui pouvait induire qu’en dehors d’elle il n’y avait rien, dit-il. A la suite de débats où il fut rappelé que l’Eglise catholique reconnaît le baptême des autres chrétiens et que nous pouvons percevoir l’action de l’Esprit en eux et dans les communautés auxquelles ils appartiennent, il fut décidé de remplacer le verbe «être» par le verbe «subsister». Depuis, ce passage de la Constitution sur l’Eglise a fait couler beaucoup d’encre, car tous ne lui accordent pas la même portée.
Parmi les grandes affirmations de ce document pour le Frère Mallèvre, la conviction que «l’Eglise de Jésus-Christ comme sujet concret en ce monde peut être reconnue dans l’Eglise catholique». L’Eglise de Jésus-christ n’a pas disparu avec les divisions des chrétiens : elle n’est pas une réalité en morceaux, ou un idéal qui sera atteint seulement à la fin des temps lorsque les chrétiens seront à nouveau unis. Dieu est fidèle à son dessein : il a maintenu cette Eglise dans l’histoire et elle est présente dans l’Eglise catholique.
Les autres Eglises «pas dépourvues de valeur ecclésiale»
Cette affirmation ne signifie pas pour autant qu’en dehors de l’Eglise catholique il y aurait un «vide ecclésial». Le document explique que le verbe «subsister» entend exprimer plus clairement que les autres Eglises ou communautés ecclésiales ne sont pas dépourvues de valeur ecclésiale. Il rappelle, à la suite du Concile, qu’en elles se trouvent de nombreux éléments de sanctification. «Mais il rappelle aussi qu’elles sont affectées par des «manques» par rapport à la conception que nous avons de l’Eglise», explique encore le Frère Mallèvre. D’où la distinction entre les «Eglises» orientales locales séparées, qui ont la succession apostolique mais ne sont pas en communion avec l’évêque de Rome, et les «Communautés ecclésiales» issues de la Réforme protestante du XVI° siècle, qui n’ont pas cet «élément essentiel constitutif de l’Eglise» qu’est la succession apostolique dans le sacrement de l’Ordre, et donc toute la réalité du sacrement de l’eucharistie.
Ce point avait déjà été souligné par des documents antérieurs, rappelle-t-il, ajoutant «Il est vrai qu’il peut y avoir quelque chose de blessant pour des chrétiens de voir refuser à la communauté dans laquelle ils vivent leur foi le titre d’Eglise. Encore une fois, il s’agit ici d’un document technique qui fait une application stricte de la définition rigoureuse de ce qu’est l’Eglise pour le Magistère catholique.
Image «arrogante» de l’Eglise catholique?
A la question si «un tel texte ne donne pas une image arrogante de l’Eglise catholique», le Frère Mallèvre reconaît que «c’est la limite d’un texte de ce genre, qui n’est peut-être pas très adapté aux modes de communication actuels. «Le dialogue oecuménique est-il encore considéré comme une priorité par l’Eglise catholique?» a-t-il été demandé au Frère Malllèvre. Bien sûr, répond-il. «Dès son élection, le pape Benoît XVI l’a rappelé, et le commentaire le souligne en conclusion. Précisément l’un des apports de ce dialogue oecuménique, c’est de nous aider dans ce travail de purification dont je viens de parler.
A la question concernant une conception de l’oecuménisme revenant à l’idée du retour des autres chrétiens dans l’Eglise catholique, il répond «Non, comme l’avait souligné lors de la rencontre oecuménique de Cologne le 19 août 2005 le pape Benoît XVI. Réaffirmant déjà la conviction qui est au centre du présent document, le pape avait alors dit que le dialogue oecuménique est, selon une expression chère à son prédécesseur, un «échange de dons». Les affirmations techniques du document de la Congrégation pour la doctrine de la foi ne doivent pas nous le faire oublier. (apic/ces/vb)
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