Le énième crimes contre les habitants: l’oeuvre des paramilitaires

Colombie: Un représentant de la Communauté de Paix de San José Apartado assassiné

Bogota, 16 juillet 2007 (Apic) Dairo Torres, «coordinateur humanitaire» de la communauté de paix de San José d’Apartadó, a été assassiné ce week-end par de présumés paramilitaires aux alentours de la localité, située dans le nord-est de la Colombie, dénonce l’organisation non gouvernementale (Ong) ’Colectivo de Abogados José Alvaro Restrepo’.

Dairo Torres avait été récompensée en mai par le Prix de la Paix d’Aquisgrana (Allemagne).

L’ONG attribue ce meurtre le énième qui frappe la communauté, «à deux paramilitaires connus, aperçus en train de discuter plusieurs heures auparavant avec des membres de la force publique».

«Nous exigeons du gouvernement qu’il éclaircisse ce meurtre et qu’il prenne des mesures concrètes afin d’éviter que ne se poursuive la persécution contre notre communauté», peut-on lire dans un communiqué de l’organisation, cité par Misna.

Selon les reconstitutions encore fragmentaires du crime, Dairo Torres était à bord d’un véhicule public intercepté vendredi par des hommes armés à quelques kilomètres de San José. Les agresseurs l’auraient contraint à descendre du véhicule, tout en éloignant le chauffeur, avant de le tuer de sang froid.

La police avait fait part de la découverte d’un cadavre dépourvu de papiers d’identité, identifié par la suite par ses proches. Le 14 mai dernier, un autre militant de la communauté, Francisco Puertas, avait été tué dans des circonstances encore peu claires. Avant lui, le 21 février 2005, le chef de la communauté, Luis Eduardo Guerra, avait été assassiné avec son épouse et l’un de ses enfants, de même que cinq «campesinos» (paysans), dont deux enfants. Selon des sources de cette même communauté l’armée gouvernementale porte la responsabilité de ces crimes.

Le haut commissariat de l’ONU en Colombie a condamné à plusieurs reprises les violences contre la communauté de paix de San José d’Apartadó, qui, sur décision de la Cour constitutionnelle colombienne, a pourtant droit à une protection spéciale depuis 2005. En 1997, la Cour interaméricaine des droits de l’homme (Cidh) avait exigé, par le biais de cinq rappels à l’État, la protection des civils, exposés – justement en raison de leur refus de prendre part de quelque manière que ce soit à la guerre – aux attaques des paramilitaires, de l’armée et de la guérilla. (apic/misna/pr)

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