Tentative de manipulation des résultats de vote

Cameroun: L’Eglise condamne des propos du président de l’Assemblée nationale

Yaoundé, 18 juillet 2007 (Apic) La Conférence épiscopale du Cameroun (CNEC) a condamné de récents propos du président de l’Assemblée nationale. Djibril Djeguie Cavaye promettait une récompense à chaque bureau de vote qui donnerait 100% de suffrages au parti au pouvoir lors des élections de dimanche prochain.

Le Cameroun est en campagne électorale depuis trois semaines pour un scrutin législatif et municipal, le 22 juillet, destiné à élire ses députés et maires de communes.

Selon le correspondant de la BBC, Cavaye a déclaré au cours d’un rassemblement populaire, le 10 juillet à Ndongombere, qu’il offrirait une somme de 100’00 francs CFA (250 frs) à tout bureau de vote où le Rassemblement du peuple camerounais (RPC, au pouvoir) auquel il appartient, remporterait le vote à 100%.

Pour la CNEC, cette déclaration viole la loi électorale nationale. Celle-ci interdit aux candidats, pendant une campagne électorale, de faire de la «promesse d’emploi, faveur et avantage, visant à influencer le vote». Ces actes sont des «incitations à la manipulation des résultats».

L’Eglise catholique se propose de déployer 1600 observateurs dans 57 des 58 départements du pays, ainsi que dans plusieurs arrondissements. Ils observeront et noteront tout ce qu’ils auront constaté. Lors des précédentes élections législatives de 2002, elle avait formé 800 observateurs, mais le gouvernement n’en avait accrédité que 50. Mais à la présidentielle de 2004, l’ensemble de ses 1200 observateurs a pu être accrédité.

La machine à frauder est restée en place

Selon le coordonnateur de la Commission nationale Justice et paix de l’Eglise catholique, Pierre Titi Nwell, les observateurs chrétiens à ces scrutins ont constaté que les électeurs et les organisateurs des élections ne respectaient pas la loi électorale. «Chacun fait ce qu’il veut, en faveur du parti qu’il veut voir gagner ou contre le parti qu’il veut voir perdre «, a-t-il dénoncé dans une interview au «Quotidien mutations». «Nous avons fait des propositions d’amendement de la loi électorale. On a retenu quelques aspects, mais grosso modo, la machine à frauder n’a pas bougé, elle est restée en place», a poursuivi Nwell, tout en déplorant le manque de volonté politique du pouvoir à organiser des élections transparentes. «Le pouvoir ne veut rien entendre», a-t-il notamment souligné. Il a rappelé que l’Eglise a eu «beau faire des rapports, montrer que ça ne marche pas et que ce qui est là n’est pas transparent, le pouvoir ne se préoccupe pas du tout de cela».

De son côté, l’Organisation nationale des élections (ONEL), a critiqué le choix de certains endroits par le pouvoir, dans la partie anglophone (nord-ouest), pour installer des bureaux de vote. Un responsable de cet organe de l’état en charge de l’organisation des élections aux Cameroun, a indiqué à la BBC, qu’ils ont découvert des bureaux de vote «non reconnus», d’autres «fictifs», d’autres encore dans des «endroits obscurs». (apic/ibc/bb)

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