Dolomites: Benoît XVI condamne sans appel toute forme de guerre
Lorenzago di Cadore (Dolomites), 22 juillet 2007 (Apic) Benoît XVI a condamné sans appel dimanche toute forme de guerre et la course à l’armement. Il a récité, le 22 juillet, la traditionnelle prière de l’angélus sur la place Calvi à Lorenzago di Cadore (Dolomites) son lieu de villégiature jusqu’au 27 juillet. Une foule estimée à 6’000 personnes – dix fois plus que la population locale habituelle – avait pris d’assaut la Piazza Calvi dans la petite station pour entendre le pape.
Bien qu’en vacances, Benoît XVI reste très préoccupé par les nouvelles de violence qui lui parviennent de nombreuses parties du monde. «La beauté de la nature nous rappelle que nous sommes chargés par Dieu de cultiver et d’entretenir ce jardin qu’est la Terre. Si les hommes vivaient en paix avec Dieu et entre eux, la Terre ressemblerait vraiment à un paradis», a insisté le souverain pontife qui n’a pas référence à un conflit actuellement en cours.
«Le péché malheureusement a ruiné ce projet divin en générant des divisions et en faisant entrer la mort dans le monde», a poursuivi le pape. C’est en «succombant au Malin» que les hommes se font la guerre et que dans le monde s’ouvrent des «zones d’enfer». La guerre est depuis toujours et justement considérée comme une calamité qui s’oppose au projet de Dieu, a-t-il poursuivi.
Il a alors rappelé l’appel à la paix lancé le 1er août 1917 par le pape Benoît XV (1914-1922), qui en pleine Première Guerre mondiale avait dénoncé les «massacres inutiles». Entre 1915 et 1918, les montagnes de la région de Lorenzago di Cadore ont été le théâtre de violents combats entre les armées italiennes et autrichiennes.
«Il est nécessaire de faire nôtres les expériences négatives que nos pères ont malheureusement endurées pour ne pas les répéter», a commenté le pape. Reprenant les points de l’appel à la paix de son prédécesseur Benoît XV, il a rappelé qu’une paix durable devait s’appuyer sur la force morale du droit, le désarmement équilibré et contrôlé, l’arbitrage dans les controverses, la liberté des mers, la restitution des territoires occupés et des tractations égales pour résoudre les questions.
«Je renouvelle l’appel à poursuivre avec ténacité le chemin du droit, à refuser avec détermination la course aux armements, à repousser en général la tentation d’affronter de nouvelles situations avec de vieux systèmes», a conclu le pape. Avant la prière de l’angélus, la messe avait été célébrée sur la place du village par les évêques de Belluno-Feltre et Trévise. Après l’angélus, Benoît XVI a en particulier salué les habitants de la région de Lorenzago di Cadore.
Présence d’un cardinal chinois
Le cardinal Joseph Zen Se-Kiun, évêque de Hong Kong, a assisté, avec une soixantaine de pèlerins chinois, à la prière de l’angélus. «Une présence significative après la lettre du pape aux catholiques chinois», a commenté le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise, et Mgr Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président des évêques italiens, étaient également présents. Le frère de Jean Paul Ier (1978), Eduardo Luciani, a aussi participé à la prière de l’Angélus. Le prédécesseur de Jean-Paul II (1978-2005) était originaire de la région.
Avant de présider la prière de l’angélus, le pape est brièvement entré dans l’église du village pour y prier devant une reproduction du Saint Suaire de Turin. Il a ensuite gagné la tribune à pied, en serrant les mains des fidèles. Une longue banderole accrochée aux balcons de la place s’adressait au pape avec l’inscription: «Et comme écho, tes prières résonneront entre nos montagnes». Comme ailleurs dans le village, elle était surmontée de drapeaux aux couleurs du Vatican, jaune et blanc, et d’un drapeau bavarois, bleu et blanc.
Jean Paul II avait effectué 6 séjours à Lorenzago di Cadore entre 1987 et 1996. Mais c’était la première fois qu’un pape récitait la prière de l’angélus depuis la place Calvi, située au centre du village. Depuis les premières heures de la journée, les fidèles étaient arrivés de la vallée et quelque 1500 places étaient réservées aux habitants de Lorenzago, une centaine d’autres aux autorités. Benoît XVI quittera sa villégiature le 27 juillet. Il récitera la prière de l’angélus du 29 juillet depuis sa résidence d’été de Castel Gandolfo au sud de Rome.
Le pape remercie Dieu pour la paix en Europe
Dans la soirée du 20 juillet 2007, Benoît XVI avait déjà abordé le thème de la paix, remerciant le Seigneur pour la paix en Europe. Le pape avait pris la parole au terme d’un concert de chant qui lui était offert sur son lieu de villégiature par 7 choeurs alpins de la région. Il avait alors relevé que la région où il séjournait avait été le théâtre d’une guerre terrible et cruelle lors du premier conflit mondial. «Remercions le Seigneur car, désormais, il y a la paix dans notre Europe, et faisons tout notre possible pour que cette paix grandisse en nous et dans le monde», a alors lancé le pape allemand. (apic/imedia/hy/ami/be)
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