Le Préfet de la Congrégation « très surpris » des réactions
Rome, 23 juillet 2007 (Apic) Après le publication du document de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur ’certains aspects de la doctrine sur l’Eglise’, le 10 juillet 2007, le préfet de la Congrégation se dit étonné. Les réactions négatives dans les milieux oecuméniques sont « très surprenantes », a-t-il dit lors d’une Conférence à San Francisco.
Le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’ancien Saint Office, a manifesté son étonnement lors d’une conférence à San Francisco (Etats-Unis), le 22 juillet. Le service de Radio Vatican en langue allemande a rapporté ses propos.
« Ce document est un instrument de travail interne à l’Eglise qui ne veut en aucun cas abaisser les autres communautés de foi », a ainsi déclaré le cardinal américain. Le document contient « des éléments de vérité », a-t-il souligné.
La publication juste après le Motu Proprio? Un pur hasard
Le cardinal tient aussi pour un « pur hasard » le fait que le document ait été rendu public 3 jours après la publication du Motu proprio libéralisant le rite tridentin. La volonté de faire « un double impact » de ces deux textes relève de la « spéculation » a conclu le cardinal.
La réaffirmation, le 10 juillet 2007, par la Congrégation pour la doctrine de la foi que l’Eglise catholique peut seule se prévaloir d’être une Eglise a jeté le trouble chez les protestants et les orthodoxes.
En rappelant que « l’Eglise du Christ subsiste » uniquement dans l’Eglise catholique, le cardinal William Levada, successeur du cardinal Joseph Ratzinger à la tête de la Congrégation, n’a fait que reprendre les thèses exposées par son prédécesseur dans la déclaration Dominus Jesus, en l’an 2000.
Le cardinal américain a ainsi rappelé que les autres communautés chrétiennes, si elles ne sont pas dépourvues « d’éléments de vérité et de sanctification », n’offrent pas « la plénitude » du Salut. En ne reconnaissant pas la primauté du pape, les Eglises orthodoxes souffrent de « déficience ». Quant aux protestants, ils ne peuvent constituer que « des communautés ecclésiales ».
Ces principes ont été réaffirmés pour lutter contre les « interprétations erronées » du Concile Vatican II en matière oecuménique. Le cardinal Levada ne voulait pas étouffer le dialogue avec les autres confessions chrétiennes mais le conduire en respectant « l’identité de la foi catholique ».
Plusieurs Eglises réformées ont vu dans ce rappel doctrinal une remise en cause de Vatican II et un nouveau ’cadeau’ aux conservateurs et traditionalistes catholiques après la publication du Motu proprio libéralisant l’usage du missel tridentin, le 7 juillet.
Les « partenaires protestants » voulaient « des profils bien définis ».
Les Eglises protestantes allemandes ont crié à « l’offense » et les Suisses à « la prétention ». L’Alliance réformée mondiale, qui fédère 200 communautés protestantes, s’est dite « déconcertée » et a demandé des explications. Ce qu’a fait le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, en déclarant, le 12 juillet, que ce sont « des partenaires protestants » qui ont eux-mêmes demandé de dialoguer sur « des profils bien définis » de l’Eglise catholique. Le texte y répond et ne constitue donc pas « une régression », selon le cardinal allemand.
Le Conseil oecuménique des Eglises a ainsi reconnu la nécessité d’un dialogue oecuménique « authentique », fondé sur « un partage honnête des points communs, des divergences et des différences ». La Fédération protestante de France a aussi affirmé sa volonté de poursuivre un dialogue, mais « sans uniformité ». Un point de vue partagé par le Patriarcat orthodoxe de Moscou. « Pour qu’il y ait un dialogue théologique honnête, on doit avoir une vision claire des positions de l’autre. Cela aide à comprendre à quel point nous sommes différents », a expliqué le métropolite Kirill, ’ministre des Affaires étrangères’ du Patriarcat. (apic/imedia/hy/vb)
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