Grande-Bretagne: L’archevêque Sentamu met en garde les conservateurs anglicans
Londres, 24 juillet 2007 (Apic) L’archevêque anglican de York, John Sentamu, a averti les éléments conservateurs de son Eglise: s’ils boycottent effectivement la prochaine Conférence de Lambeth, en 2008, ils s’excluent eux-mêmes de la Communion anglicane mondiale.
Le prélat a mis en garde contre un schisme éventuel de l’Eglise d’Angleterre, provoqué par des divergences sur l’homosexualité et l’ordination épiscopale des femmes.
Notons qu’en juin dernier, l’archevêque anglican d’Ouganda, Henry Luke Orombi, archevêque de Lusaka, a déclaré qu’il n’assisterait pas à une réunion mondiale des chefs anglicans en 2008. La raison: l’archevêque de Canterbury, le Dr. Rowan Williams, « primus inter pares » dans l’Eglise d’Angleterre, a invité des évêques américains qui avaient soutenu l’ordination d’un évêque homosexuel en 2003. Un autre prélat africain, l’archevêque anglican Peter Akinola du Nigeria, chef de file des opposants à ces ordinations, a dit également penser à un boycott de la conférence de Lambeth.
Les responsables anglicans en Afrique estiment qu’ils ne peuvent pas se considérer comme étant en communion avec les évêques de l’Eglise épiscopalienne aux Etats-Unis qui ignorent les enseignements de l’Ecriture sainte sur l’homosexualité. Ces prélats anglicans africains considèrent l’homosexualité comme un péché grave.
Dans une interview exclusive accordée lundi 23 juillet au quotidien britannique « The Daily Telegraph », John Sentamu souligne que si ces responsables anglicans boycottaient la Conférence de Lambeth et « votaient avec leurs pieds », ils risquaient de s’exclure de la Communion anglicane. Et de rappeler que l’Eglise anglicane a ses racines à Canterbury. L’archevêque de York leur a demandé d’assister à cet important événement malgré leurs vues divergentes sur l’homosexualité. John Sentamu, lui-même originaire d’Ouganda (il avait fui la dictature d’Idi Amin Dada), parle même à ce sujet de « guerre » entre libéraux et conservateurs. A ses yeux, une rupture avec l’anglicanisme historique pourrait mettre des siècles à se guérir.
L’archevêque de Canterbury, le Dr. Rowan Williams, essaie de réconcilier les deux ailes de son Eglise, qui compte dans le monde quelque 78 millions de fidèles. Quelques archevêques et de nombreux évêques en Afrique et en Asie, représentant bien plus du tiers des membres de l’Eglise anglicane, menacent de ne pas participer l’an prochain à la Conférence de Lambeth, le grand rassemblement de tous les évêques anglicans à Canterbury. Ils ont l’intention de mettre sur pied un sommet alternatif qui ruinerait tous les espoirs de Rowan Williams de remettre ensemble les factions divergentes de la Communion anglicane. (apic/tel/be)
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