Inde: Investiture de la première femme présidente
New Delhi, 25 juillet 2007 (Apic) Pratibha Patil, première femme à accéder à la présidence de l’Inde, a prêté serment le 25 juillet, quatre jours après avoir remporté le scrutin haut la main. Cette avocate de 72 ans, proche de la dynastie Nerhu-Gandhi, représente un grand espoir pour l’Eglise catholique.
« Aujourd’hui, l’Inde est au seuil d’une nouvelle ère de progrès et un effort commun s’impose. Nous devons faire en sorte que chaque section de la société, les faibles et les défavorisés, soient en même temps collaborateurs et bénéficiaires du processus de développement », a déclaré Pratibha Patil, ancienne gouverneur de l’Etat du Rajasthan, lors de son discours d’investiture devant le Parlement, rapporte l’agence catholique misna. Vêtue d’un sari blanc et vert, après avoir prêté serment de respecter la Constitution et de se consacrer au peuple indien devant le premier président de la Cour suprême de la caste des « dalits » ou « intouchables », Pratibha Patil a ajouté: « Nous devons éradiquer la malnutrition et les avortements des foetus féminins ».
La nouvelle présidente, âgée de 72 ans, succède à Abdul Kalam, le scientifique à l’origine du programme de missiles indien, après avoir remporté les élections du 19 juillet dernier avec 65,82% des voix et plus de 300’000 voix d’écart par rapport à son rival, le vice-président sortant Bhairon Singh Shekhawat. Elle avait été désignée comme candidate aux présidentielles par Sonia Gandhi, chef du Parti du Congrès au pouvoir. En Inde, le président a des pouvoirs essentiellement honorifiques, mais peut jouer un rôle décisif dans la formation du gouvernement fédéral ou des gouvernements régionaux. C’est en revanche le Premier ministre qui dirige la politique nationale, des fonctions qu’avait remplies Manmohan Singh issu du Parti du Congrès en 2004.
Engagée pour la protection des droits des minorités
Lors de son élection, relève l’agence Fides à Rome, l’Eglise catholique s’était félicitée de l’arrivée au pouvoir de la première présidente de l’histoire de l’Inde et lui avait demandé de protéger le caractère laïc de la nation. Elle a également rappelé que Patil s’était toujours distinguée en politique pour la protection des droits des minorités. Lorsqu’elle était gouverneur du Rajasthan, elle ne ratifia pas la loi anti-conversion approuvée par le Parlement de l’Etat, empêchant que la mesure entre en vigueur.
Continuer à défendre la laïcité et les droits humains
Le cardinal Telesphore Toppo, président de la Conférence épiscopale indienne, dans un message adressé à la nouvelle présidente, exprime son contentement et le souhait que Patil continue à défendre les valeurs de laïcité de l’état et protège les droits de l’homme de tous les citoyens dans sa nouvelle charge. Le cardinal se dit favorablement touché par le fait que la présidente ait dit vouloir renforcer « l’égalité de genre et l’égalité d’opportunités, la fraternité entre tous les citoyens, sans discrimination de caste, de culture ou de religion ».
« La communauté chrétienne en Inde – note le message du cardinal Toppo – croit fortement que si le pays vit son caractère laïc et séculier, alors il y aura la paix et l’harmonie entre les peuples de religions différentes. Son élection répand en nous un courage nouveau pour continuer dans la construction de la nation ». (apic/misna/fides/bb)
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