Rome: Aucun dialogue possible avec l’islam meurtrier
Rome, 6 août 2007 (Apic) Le cardinal Jean-Louis Tauran, futur président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, affirme qu’aucun dialogue n’est possible avec l’islam meurtrier, dans une interview à paraître.
Dans l’interview à paraître le 10 août 2007 dans le mensuel catholique italien 30Giorni. le cardinal français Jean-Louis Tauran, en poste à partir du 1er septembre prochain au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, confie aussi sa vision du conflit en Irak et de la situation actuelle au Liban.
«Il n’existe pas un seul islam, mais beaucoup d’islam», affirme ainsi le cardinal Jean-Louis Tauran dans l’entretien accordé à la revue 30Giorni. «Avec l’islam meurtrier – qui selon moi n’est pas l’islam authentique, mais une perversion de l’islam – aucun dialogue n’est évidemment possible», déclare le cardinal français. En revanche, poursuit-il, «avec le véritable islam, celui que j’ai connu au Liban, mais aussi en Syrie ou dans les pays du Golfe, même s’il n’existe pas actuellement de dialogue théologique, on peut établir un dialogue de la culture, de la charité, de la paix».
Reconnaissant que «l’islam fait peur en Occident», le cardinal Tauran note par ailleurs que «la religion, chaque religion, fait peur en Occident». «Nous devons tout faire, affirme-t-il ensuite, pour que les religions répandent la fraternité et non la haine».
Le cardinal français, âgé de 64 ans, confie également avoir connu le Proche-Orient «par la fenêtre du Liban» où il a effectué deux séjours, au coeur des années 1960 puis de 1979 à 1983. Aujourd’hui, il note «une impasse dans la vie politique» du Pays du Cèdre, regrettant les divisions à l’intérieur même des communautés et «une crise sociale très grave». Il souhaite que le Liban accomplisse sa «réconciliation nationale», voyant comme «un signe de fragilité» le fait que le pays doive beaucoup compter sur ses voisins et sur la communauté internationale pour survivre.
Irak: une guerre civile interreligieuse
A propos de la situation en Irak, le cardinal Jean-Louis Tauran estime que les Américains et les Anglais engagés dans le pays ont utilisé «une méthode injuste» et juge «négative» l’initiative de guerre anglo-américaine. L’ancien secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats note qu’aujourd’hui «le pouvoir est dans les mains des plus forts, les chiites» et que «le pays s’enfonce dans une guerre civile confessionnelle qui n’épargne même pas les chrétiens, qui étaient paradoxalement plus protégés durant la dictature» de Saddam Hussein.
Nommé à la tête du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux le 25 juin 2007, le cardinal Jean-Louis Tauran prendra ses fonctions le 1er septembre prochain. Il dit avoir reçu beaucoup de messages de félicitations provenant du monde arabe, et y voit «un signal positif. Il affirme que sa «boussole» sera la déclaration conciliaire Nostra Aetate et que sa «feuille de route» sera la déclaration Dominus Jesus.
Le discours de Ratisbonne a compromis le dialogue dans un premier temps
La fusion de la présidence du dicastère chargé du dialogue interreligieux avec celle du Conseil pontifical de la culture en mars 2006 avait laissé penser que Benoît XVI entendait accorder moins d’importance au rapport avec les autres religions. Mais le cardinal Tauran estime que «les problèmes issus du discours de Ratisbonne et que le voyage du pape en Turquie ont permis d’évaluer l’importance d’avoir un dicastère spécifique pour le dialogue avec l’islam et les autres religions».
«Dans un premier temps», reconnaît le cardinal français, le discours du pape à Ratisbonne, en septembre 2006, a compromis le dialogue avec l’islam, mais, ensuite, Benoît XVI a pu «très bien s’expliquer» au cours de son voyage en Turquie, quelque deux mois plus tard.
Interrogé aussi sur la récente Lettre du pape aux catholiques de Chine, le cardinal diplomate qualifie le texte de petite Encyclique visant à guérir les divisions à l’intérieur de la communauté catholique et promouvoir «un dialogue respectueux avec les autorités». Cependant, à ses yeux, la normalisation des rapports entre la République populaire et le Saint-Siège n’est pas une priorité pour le gouvernement chinois. (apic/imedia/ami/vb)
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