Rome: Benoît XVI a rencontré le directeur de la controversée ’Radio Maryja’
Rome, 7 août 2007 (Apic) Benoît XVI a bien reçu le père Tadeusz Rydzyk, le directeur de la radio polonaise controversée Radio Maryja, le 5 août 2007, à l’issue de la prière de l’Angélus dans sa résidence de Castel Gandolfo.
Devant les photos publiées dans la presse polonaise d’une rencontre entre le pape et le directeur de la radio polonaise Radio Maryja, ainsi que sur le site Internet de L’Osservatore Romano, « on ne peut pas nier que l’événement ait eu lieu », ont ainsi affirmé à I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, des sources vaticanes autorisées, le 7 août, sans apporter plus de commentaires.
Lors de cette brève rencontre à l’issue de la prière de l’Angélus, le pape aurait « remercié les milliers d’auditeurs de la station pour les prières à son intention » et aurait « accordé sa bénédiction à Radio Maryja et toutes ses oeuvres », a indiqué le journal officiel de la station, Nasz Dziennik. Cette rencontre pourrait avoir été facilitée par la présence à Castel Gandolfo, pour quelques semaines encore, du second secrétaire du pape, le Polonais Mgr Mieczyslaw Mokrzycki, et par l’absence du secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein, actuellement en congé.
Basée à Torun (nord de la Pologne), Radio Maryja a suscité de nombreuses polémiques ces dernières années, notamment pour ses prises de position antisémites et révisionnistes. Le créateur de la radio, le père Tadeusz Rydzyk, se fait régulièrement remarquer pour ses propos antisémites. Radio Maryja revendique 3 millions d’auditeurs. Cette radio, dont les programmes mélangent prières et prises de position politiques, connaît une influence certaine dans un pays où plus de 90 % des habitants se disent catholiques.
Le parti conservateur ’Droit et Justice’ (PiS) avait bénéficié du soutien de la radio catholique lors des législatives du 25 septembre et de la présidentielle du 23 octobre 2005, faisant campagne pour le président Lech Kaczynski. Le cardinal Jozef Glemp, alors archevêque de Varsovie, avait demandé au père Tadeusz Rydzyk de mettre une sourdine à ses ambitions politiques et de se soumettre à l’Eglise. Ainsi, en janvier 2006, la nonciature à Varsovie avait dû rappeler aux prêtres polonais l’obéissance au droit canonique, soulignant que si l’on viole ses règles, on commet une activité « illégale, nuisible à l’Eglise et passible de sanctions en vertu du droit canon ». La note rappelait que « des activités institutionnelles (.) qui engagent d’une quelconque façon l’autorité de l’Eglise » ne bénéficient pas de l’autorisation de la hiérarchie catholique.
Propos antisémites
Fin mars 2006, le Congrès juif européen avait demandé au gouvernement polonais de lancer des poursuites judiciaires, après des propos antisémites diffusés par la station. Le Vatican avait réagi et demandé aux évêques polonais de créer un conseil spécial pour contrôler la radio catholique. « La pénible affaire de Radio Maryja doit être considérée avec fermeté », écrivait alors le nonce apostolique, Mgr Jozef Kowalczyk, dans une lettre à la Conférence épiscopale polonaise.
Le directeur de la station, le père Tadeusz Rydzyk, acceptait, le 12 avril 2006, de présenter ses excuses pour les propos jugés antisémites. Le 2 mai suivant, les évêques polonais avaient décidé de mettre sous tutelle Radio Maryja. A l’avenir, la station ne devra être liée « à aucune formation politique », avaient averti les évêques.
Le père Tadeusz Rydzyk est aussi à l’origine de la création du quotidien national, Nasz Dziennik (Notre Quotidien), d’une station de télévision, Trwam (Je perdure) et d’une école privée de journalisme, Veritatis Splendor, basés à Torun. (apic/imedia/ms/vb)
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