« Pas de changement dans les relations judéo-chrétiennes »
Rome, 9 août 2007 (Apic) L’audience accordée par le pape Benoît XVI au directeur de la station polonaise controversée Radio Maryja « n’implique aucun changement de la position bien connue du Saint-Siège sur les rapports entre catholiques et juifs », a indiqué jeudi le Bureau de presse du Vatican.
Cette déclaration intervient à la suite des critiques émises par le congrès juif européen concernant la rencontre du pape, le 5 août dernier, avec le père Tadeusz Rydzyk connu pour ses propos antisémites et révisionnistes.
« Devant les demandes d’éclaircissement relatives à la rencontre (de Benoît XVI, ndlr) avec le père Tadeusz Rydzyk à l’issue de l’Angélus du dimanche 5 août », le Bureau de presse du Vatican a communiqué que « cet événement n’implique aucun changement de la position bien connue du Saint-Siège sur les rapports entre catholiques et juifs ».
Le 8 août 2007, le congrès juif européen avait vivement critiqué cette audience. « Cette rencontre nous a choqués » avait déclaré le congrès juif, soulignant avec préoccupation comment « les affirmations antisémites de Tadeusz Rydzyk ont été largement transmises à travers sa radio ».
Le congrès juif s’est dit « stupéfait par le fait que le pape Benoît XVI ait concédé une audience privée et sa bénédiction à un homme et à une institution qui ont entaché l’image de l’Eglise polonaise ».
Le 5 août dernier, le Vatican avait confirmé la rencontre de Benoît XVI et du père Tadeusz Rydzyk, le directeur de la radio polonaise controversée Radio Maryja, à l’issue de la prière de l’Angélus dans sa résidence de Castel Gandolfo.
Devant les photos publiées dans la presse polonaise ainsi que sur le site internet de L’ »Osservatore Romano », « on ne peut pas nier que l’événement a eu lieu », avaient ainsi indiqué à I.Media des sources vaticanes autorisées, le 7 août, sans apporter plus de commentaires.
Lors de cette brève rencontre à l’issue de la prière de l’Angélus, le pape aurait « remercié les milliers d’auditeurs de la station pour les prières à son intention » et aurait « accordé sa bénédiction à Radio Maryja et toutes ses oeuvres », avait indiqué le journal officiel de la station, Nasz Dziennik.
Dérives tous azimuts
Basée à Torun (nord), Radio Maryja a suscité de nombreuses polémiques ces dernières années, notamment pour ses prises de position antisémites et révisionnistes.
Début août, le député européen Bronislaw Geremek, ex-ministre des Affaires étrangères polonais, lui-même survivant du ghetto de Varsovie, avait demandé des mesures contre le chef de Radio Maryja. Les propos tenus à l’antenne par Tadeusz Rydzyk sont un « crime » sur lequel le gouvernement et le procureur général devraient se prononcer, avait lancé l’eurodéputé, ancien conseiller du leader de Solidarnosc Lech Walesa, sur les ondes de la radio privée Tok FM à Varsovie. Le célèbre médiéviste, né dans une famille juive polonaise, déplorait le manque de réactions de la part des autorités polonaises.
Le Père Rydzyk, lors d’une conférence dans son école de journalisme, avait accusé le président conservateur Lech Kaczynski d’être un « escroc qui s’est mis au service du lobby juif ». La puissante station « Radio Mariya » revendique 3 millions d’auditeurs en Pologne. Elle est rediffusée par des stations locales aux Etats-Unis et au Canada. Les prières y sont omniprésentes. Le reste des programmes est très centré sur la politique, et marqué par les tendances ultra-catholiques, nationalistes, violemment antilibérales. La radio catholique de Torun s’est à plusieurs reprises distinguée par des dérives non seulement antisémites mais également xénophobes. (apic/imedia/ms/ami/arch/pr)
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