Mauritanie: Esclavage toujours en vigueur
Nouakchott, 9 août 2007 (Apic) Le Parlement mauritanien a approuvé à l’unanimité une loi qui punit l’esclavage d’une peine de 10 ans de prison. L’ancienne loi de 2003 était beaucoup trop clémente.
Cette mesure représente le premier pas concret vers l’abolition de cette pratique, encore en usage dans ce pays nord-africain bien qu’interdite par décret en 1981. Les militants des droits de l’Homme affirment que, malgré cette interdiction, l’esclavage continue à être répandu.
La pratique est favorisée par l’absence de peines précises. L’association ’Sos Schiavitù’ estime que près de 600’000 personnes sont réduites à l’esclavage en Mauritanie : une donnée non officielle, qui correspondrait à 20% de toute la population. L’Association internationale contre l’esclavage a elle aussi exprimé des commentaires positifs en faveur de la nouvelle législation soulignant toutefois qu’il reste encore beaucoup à faire. L’association a suggéré d’élever à 30 ans le maximum de la peine à attribuer pour ce crime et de prévoir une indemnisation pour les victimes.
Le texte interdit également toute production culturelle ou artistique faisant l’apologie de l’esclavage, qu’il punit de deux ans de prison, et prévoit des sanctions contre les autorités qui ne s’en préoccuperaient pas. Le projet de loi a été fortement amendé et réaménagé par les députés dans le sens du renforcement des peines prévues et de la définition précise des pratiques esclavagistes constatées dans le pays.
En 2003 une nouvelle loi réprimait déjà l’esclavage mais le texte était contesté par des associations de défense des droits de l’Homme, parce que trop vague et beaucoup trop clément. Le 30 mai, le nouveau président, élu deux mois plus tôt au terme d’une transition démocratique de dix-neuf mois, avait réclamé un renforcement du «dispositif de lutte» contre l’esclavage, notamment sur le plan juridique.»Nous sommes très satisfaits, c’est une grande victoire pour les démocrates et le peuple mauritanien et qui n’aurait pas été possible sans la volonté politique du président (Sidi Ould Cheikh Abdellahi) et de son gouvernement», a estimé Boubacar Ould Messaoud, président de SOS-Esclaves. (apic/misna/monde/vb)
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