La minorité chrétienne de Gaza craint pour son avenir

Bande de Gaza: Raréfaction des vivres à cause du blocage des frontières

Gaza, 13 août 2007 (Apic) Les chrétiens de la bande de Gaza déplorent une démoralisation croissante dans leurs paroisses. Les gens ont beaucoup à souffrir en raison des « sanctions collectives internationales contre les Palestiniens », a déclaré à l’agence Apic, le 12 août, le curé catholique de Gaza, Manuel Musallam.

Des vivres comme les produits laitiers se sont raréfiés sur le marché à cause du blocage des frontières. L’offre en denrées est restreinte et particulièrement insuffisante pour les adolescents. L’oeuvre d’assistance des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNWRA) a de nouveau mis en garde la semaine passée contre une catastrophe humanitaire dans la bande de Gaza. Selon les sources de l’armée israélienne, dix milles tonnes de nourriture ont été transportées dans la bande de Gaza en guise d’aide.

Le chômage est le plus grand problème

L’évêque grec orthodoxe de Gaza, Alexios, décrit le chômage galopant comme le plus grand problème des gens à Gaza. Le ravitaillement insuffisant en matière première et la misère générale ont fait complètement sombrer l’économie. La minorité chrétienne à Gaza n’a pas rencontré de difficultés extraordinaires depuis la prise violente du pouvoir par les troupes islamiques du Hamas en juin, disent d’une seule voix l’évêque Alexios et le curé Musallam. Des rencontres régulières avec la direction du Hamas ont lieu, souligne le prêtre catholique. Le Premier ministre Ismail Hanija lui-même lui a toujours garanti, lors de rencontres personnelles, la protection de la minorité chrétienne.

Plus sûrs sous le Hamas

En comparaison de la période de trouble durant la guerre fratricide entre partisans du Fatah et du Hamas, la situation des chrétiens sous l’égide du Hamas est même devenue un peu plus sûre, constate l’évêque Alexios. Et pourtant personne ne sait « de quoi demain sera fait. » L’insécurité est grande au sein de la minorité chrétienne. Durant les altercations sanglantes entre partis palestiniens rivaux, des actes de violence contre des librairies chrétiennes et un couvent de soeurs catholiques ont certes eu lieu. Selon le curé Musallam, les dégâts causés au couvent ont été réparés à l’instigation de la direction du Hamas.

Forcés à se convertir à l’islam?

Le cas, signalé la semaine passée par les médias, de la conversion à l’Islam d’une professeur d’université chrétienne est considéré avec réticence par les représentants des Eglises. La spécialiste en informatique Sana al-Sayegh aurait, selon les sources du Fatah, été enlevée par des membres du Hamas et contrainte à se convertir à l’islam et à épouser un collègue musulman. Les informations relatives à ce cas sont contradictoires, selon l’évêque Alexios. Même la famille grecque orthodoxe de la femme n’a manifestement aucune précision à ce sujet et ne sait pas si la conversion a eu lieu librement ou sous contrainte. Le cas a été exploité politiquement « des deux côtés ».

Le médecin chef de la clinique Caritas à Gaza, Bandalay El-Sayegh, rejette, comme parent de la disparue, cette estimation. Cette femme est une chrétienne croyante, estime-t-il. « Jamais, elle n’aurait fait quelque chose de pareil. » A son avis, le Hamas a voulu montrer, en s’en prenant à un membre éminent d’une famille chrétienne connue, que « l’on peut agir ainsi avec les femmes chrétiennes. »

3’000 chrétiens à Gaza

D’après les sources de l’Eglise, environ 3’000 chrétiens vivent à Gaza, dont environ 2’800 selon le rite grec orthodoxe. Après la prise de pouvoir par les islamistes radicaux du Hamas en juin, beaucoup d’entre eux ont exprimé leur inquiétude face à la répression. (apic/kna/job/js)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/bande-de-gaza-rarefaction-des-vivres-a-cause-du-blocage-des-frontieres/