Pays-Bas: Vives réactions après un appel à l’interdiction du Coran
Utrecht, 17 août (Apic) Des responsables d’Eglise néerlandais se sont ralliés aux leaders politiques pour dénoncer l’appel lancé par un député qui souhaite interdire le Coran aux Pays-Bas.
Le leader du Parti pour la liberté (PVV), Geert Wilders, a suscité de nombreuses réponses pleines de colère en affirmant dans le quotidien national «Volkskrant» que le Coran incitait les musulmans à la violence. Geert Wilders a déclaré vouloir pénaliser l’utilisation du livre saint musulman dans les mosquées et même le fait de le posséder chez soi.
Dans sa lettre, publiée le 8 août par le quotidien néerlandais, Geert Wilders compare le Coran à l’ouvrage du leader nazi Adolf Hitler, «Mein Kampf», dont la vente est interdite au Pays-Bas depuis la seconde guerre mondiale.
Le Parti pour la liberté est entré pour la première fois au Parlement lors des élections générales de 2006.
Dans son éditorial, le «Volkskrant» a accusé la proposition du chef de parti d’être anticonstitutionnelle. «Geert Wilders fait des musulmans des citoyens de seconde zone, ce qui contraste nettement avec la tradition chrétienne-humaniste dont il se réclame», peut-on lire dans l’éditorial.
«Interdire le Coran revient à interdire l’Eglise», a pour sa part déclaré Gerrit de Fijter, président du Synode de l’Eglise protestante des Pays-Bas. «Ce que Geert Wilders fait, c’est de la polarisation. Il n’oeuvre pas au rapprochement entre personnes.»
Le 9 août, au cours d’une émission de radio nationale, Gerrit de Fijter a qualifié l’appel de Geert Wilders de «monstruosité sans valeur».
Trop insignifiant
Dans un communiqué, le cardinal Adrianus Simonis a déclaré que la proposition d’interdire le Coran était «vraiment trop insignifiante». Il a expliqué: «Chaque mot gaspillé dans des propositions de ce genre est de trop». Le cardinal a souligné que «la liberté de culte est non seulement inscrite dans la Constitution des Pays-Bas, mais elle est aussi avant tout un droit inaliénable de la personne.»
Les Eglises catholique romaine et protestantes sont les deux plus grands groupes chrétiens des Pays-Bas.
Les députés de la majorité et de l’opposition ont rapidement écarté Geert Wilders, l’accusant d’être allé au-delà des limites d’un comportement civilisé, et l’ont averti qu’il ne devait pas toucher au droit à la liberté de culte.
La ministre de l’Intégration Ella Vogelaar a déclaré : «Il doit être absolument clair que le gouvernement n’a aucune intention d’interdire le Coran aux Pays-Bas et qu’il n’y songera jamais.» Selon elle, les propos de Geert Wilders sont dommageables pour l’intégration. «Il présente une communauté sous un jour défavorable et pourrait creuser plus qu’un fossé entre musulmans et non-musulmans. Cette requête est insultante pour l’immense majorité des musulmans.»
Filip Dewinter, chef du parti d’extrême-droite Vlaams Belang, en Belgique voisine, a eu le sentiment que Geert Wilders était allé trop loin. Il a expliqué qu’il partageait l’opinion de Geert Wilders sur le fait que le Coran était «un livre intolérant», mais a affirmé qu’il considérait la liberté d’expression comme primordiale. Interdire le Coran aurait aussi pour conséquence «d’encourager la radicalisation d’une grande partie des musulmans», a-t-il déclaré à l’émission Netwerk, de la télévision néerlandaise. (apic/eni/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/pays-bas-vives-reactions-apres-un-appel-a-l-interdiction-du-coran/