Suisse: Leo Karrer, prof de théologie pastorale exhorte l’Eglise à être porteuse d’avenir
Fribourg, 23 août 2007 (Apic) Le professeur fribourgeois de théologie pastorale Leo Karrer réclame plus de dialogue et une culture du débat dans l’Eglise catholique. Les instances dirigeantes de l’Eglise devraient, plutôt que de polariser les partis, servir d’intermédiaire entre eux et être à disposition de l’oecuménisme, écrit Leo Karrer dans une contribution pour l’agence de presse Apic du 22 août.
Dans la perspective de l’oecuménisme, écrit-il, on ne devrait pas regarder la paille dans l’oeil de l’autre et ignorer la poutre qui est dans son propre oeil, met en garde le théologien et ancien président de l’Association européenne de théologie catholique. A ses yeux, le système de l’Eglise universelle comme institution n’est pas simplement identique à la dimension sacramentelle de l’Eglise et du sacerdoce, qui, dans le dialogue oecuménique, est à thématisée juste titre du côté catholique. Mais le christianisme ecclésial est secondaire par rapport à la relation à Dieu.
Le problème avec ce «système historiquement développé» réside, selon Leo Karrer, dans le fait qu’il déclenche structurellement une perte du sens de la réalité. Une organisation super centralisée avec des «mono-structures qui vont de haut en bas» perd la proximité avec les questions et les besoins des êtres humains. Le système perd aussi la dynamique spirituelle que recherchent les êtres humains et leurs époques respectives. Il se referme dans l’esthétique de sa tour d’ivoire. «Pour l’instant, on voit les instances dirigeantes de l’Eglise se polarisant elles-mêmes et sollicitées à la complaisance envers les défenseurs du conservatisme».
Profondeur spirituelle et dynamisme
Cette situation est regrettable, estime-t-il, parce qu’ainsi on construit mal les accès à la profondeur spirituelle et à la richesse incomparable des expériences d’une Eglise universelle. Il y a dans l’Eglise catholique tant de dynamique charismatique, d’impulsions spirituelles, de synergies intellectuelles, de ressources humaines et tant de bonne volonté que les instances dirigeantes de l’Eglise devraient, malgré «la profusion chaotique des offres, prendre en compte et tenir à disposition».
Le dialogue au lieu des querelles
Pour le professeur fribourgeois, le système de l’Eglise devrait oser davantage de pluralité et d’expériences en son sein pour favoriser le dialogue vertical et horizontal dans ses instances. «Le système est devenu trop étroit pour tout ce qui aujourd’hui s’est développé et a atteint sa maturité». Cela menace d’éclater si l’on ne peut parvenir à une «synodalité élastique conçue comme unité dans la diversité». L’Eglise devrait, si elle voulait ne plus se tenir à l’écart de la société avec ses querelles intestines, jouer le rôle d’instrument du dialogue franc et de la culture de la dispute ainsi que de la co-responsabilité participante. L’Eglise n’est pas seulement, aux dires du professeur de théologie, un cas litigieux, mais aussi le lieu de la solution de problèmes et de pardon. (apic/ag/gs/js)
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