Homélie de Mgr Vingt-Trois à Notre-Dame

Paris: Mémoire de la libération de Paris

Paris, 27 août 2007 (Apic) L’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, a prononcé une homélie dimanche 26 août, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, en mémoire de la libération de Paris. Revenant sur les événements sombres de l’Occupation et de la seconde guerre mondiale, il a prolongé sa réflexion sur les valeurs diffusées aujourd’hui dans la société, qui sont loin de mener aux engagements du passé, faisant allusion en particulier à la Résistance.

« Si la commémoration a un sens et une utilité autre que documentaire, c’est dans la mesure où elle ouvre un espace à la réflexion et à l’engagement dans le présent », a dit l’archevêque, avant de se demander « aujourd’hui si notre système de valeurs met en avant les véritables priorités » .Une délégation du gouvernement français assistait à la commémoration

Pour l’archevêque de Paris, « l’épreuve subie par la France pendant six années de 1939 à 1945 fut symboliquement marquée par l’occupation de sa capitale en Juin 1940. Dès l’instant où les armées allemandes défilèrent sur les Champs-Elysées, la défaite prit une nouvelle figure ; les Parisiens entrèrent dans les sombres années que l’on sait. Il fallut attendre quatre années pour que, par les combats déclenchés avec le débarquement, commence à briller une lueur d’espérance. Enfin, le 25 août 1944, Paris soulevé et combattant fut libéré par la 2°DB. Le 26 août, le défilé historique de la Libération aboutissait dans cette cathédrale pour rendre grâces à Dieu ». Les combats de la Résistance et de la Libération unissaient dans une même lutte ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas, pour reprendre la si belle formule du poète, a encore lancé Mgr Vingt-Trois. « Mais au moment d’exprimer la joie de la liberté retrouvée, tous se reconnaissaient chez eux dans cette cathédrale ».

Des modèles dominés par des appétits primaires

« Celles et ceux pour qui l’abolition des libertés, la domination d’une vision contraire à l’égalité des personnes humaines, la violation des droits élémentaires constituaient une situation inacceptable pour la conscience humaine, se sont révélés prêts à sacrifier leur propre liberté et même leur vie pour défendre la dignité de vivre. N’est-il pas opportun et raisonnable de nous demander aujourd’hui si notre système de valeurs met en avant les véritables priorités, si nous préparons vraiment des hommes et des femmes capables de consentir à un vrai sacrifice pour la dignité de l’humanité ? » Sur « plusieurs points il semble que nous soyons loin du compte », a lancé Mgr Vingt-Trois.

Quel est le véritable respect collectif de la dignité humaine quand les modèles moraux que l’on propose de manière de plus en plus explicite à notre jeunesse sont dominés par la recherche de la satisfaction de ses propres désirs et de ses appétits primaires, s’est-il demandé. Pour l’archevêque, « la liberté résulte de l’éducation de la conscience personnelle à reconnaître les valeurs sur lesquelles un homme digne de ce nom ne peut pas transiger, quoi qu’il en coûte ».

Continuant son homélie, Mgr Vingt-Trois a déclaré que « faire mémoire des femmes et des hommes qui ont accepté de véritables sacrifices, jusqu’à mettre leur vie en jeu, n’est pas une sorte d’exaltation triomphale des héros du passé ». « A partir de leur exemple, nous avons à prendre conscience des enjeux de chacune de nos existences et de la responsabilité de notre conscience à l’égard de nos contemporains » a-t-il dit en substance (apic/zenit/vb)

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