Rome: Le patriarche de Moscou salue la libéralisation de la messe tridentine
Rome, 29 août 2007 (Apic) Le patriarche orthodoxe de Moscou, Alexis II, a salué, le 29 août, la libéralisation de l’usage de la messe tridentine par Benoît XVI. Dans un entretien au quotidien italien «Il Giornale», le chef de l’Eglise orthodoxe russe est aussi revenu sur les relations avec Rome et les conditions d’une future rencontre avec le pape.
«La récupération et la valorisation de l’ancienne tradition liturgique est un fait que nous saluons positivement», a ainsi déclaré Alexis II. Le motu proprio de Benoît XVI libéralisant l’usage des livres liturgiques d’avant Vatican II a été publié le 7 juillet et rentrera en vigueur le 15 septembre prochain. «Nous (orthodoxes), nous tenons beaucoup à la tradition. Sans la préservation fidèle de la tradition liturgique, l’Eglise orthodoxe russe n’aurait pas été en mesure de résister aux persécutions des années 20 et 30 quand nous avons eu tant de nouveaux martyrs», a rappelé le patriarche.
Divergences qui empêchent le dialogue
Soulignant la volonté du pape d’aplanir les difficultés du dialogue entre catholiques et orthodoxes, Alexis II a cependant rappelé les deux contentieux qui demeurent entre Rome et Moscou : le prosélytisme catholique en Russie et l’uniatisme. «Malheureusement, aujourd’hui encore, quelques évêques et missionnaires catholiques considèrent la Russie comme une terre de mission», a dénoncé le patriarche. «Ils oublient que la sainte Russie est déjà illuminée d’une foi pluriséculaire qui grâce à Dieu a été conservée et transmise par l’Eglise orthodoxe». Par ailleurs, Alexis II a regretté que les uniates, les chrétiens de rite oriental fidèles à Rome, aient aussi pris pieds dans des régions où ils n’avaient jamais été présents : l’Ukraine orientale, la Biélorussie, le Kazakhstan et même la Russie.
Rencontre possible sous conditions
«Quand ces problèmes seront affrontés et résolus, alors on comprendra la rencontre entre le pape et le patriarche de Moscou», a insisté Alexis II. «Elle aura alors tout son sens». Cette rencontre «ne doit absolument pas être réduite à une occasion pour prendre quelques photos et passer ensemble à la télévision. Ce doit être une rencontre bien préparée et qui serve vraiment à consolider les relations entre nos deux Eglises», a-t-il conclu.
Le cardinal Roger Etchegaray, vice doyen du collège cardinalice et président émérite du Conseil pontifical Justice et Paix, avait expliqué, le 15 août, que Benoît XVI et Alexis II souhaitaient «sincèrement et ardemment» se rencontrer, «dans les conditions les plus claires de vérité», sans transformer ce rendez-vous en un événement purement médiatique. Porteur d’un message personnel du pape, le cardinal français avait rencontré le patriarche le 7 août à Moscou. Si une rencontre entre Alexis II et Jean-Paul II n’a jamais été possible, une rencontre dans un pays neutre entre le patriarche de Moscou et Benoît XVI serait, en revanche, plus envisageable, à terme. (apic/imedia/hy/js)
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