Autriche: Voyage apostolique du pape Benoît XVI en fin de semaine à Mariazell

Apic Interview

Un déplacement marqué par l’Europe, selon le cardinal Schönborn

Propos recueillis par Marine Soreau, I.MEDIA

Rome, 4 septembre 2007 (Apic) L’Europe sera au centre du discours de Benoît XVI à Mariazell, a expliqué à l’agence I.MEDIA le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne. Le pape allemand se rendra en Autriche du 7 au 9 septembre 2007, à l’occasion du 850e anniversaire de la fondation du célèbre sanctuaire marial situé à 160 kilomètres au Sud-Ouest de Vienne.

Le pape sera sur place à l’occasion de la fête liturgique de la Nativité de la Vierge Marie, après avoir rendu à Vienne un hommage aux victimes autrichiennes de la Shoah, l’anéantissement des juifs par les nazis.

Au cours de ce voyage apostolique – le 7ème de son pontificat – , le pape rencontrera entre autres les représentants politiques du pays et devrait alors aborder des thèmes «d’une importance fondamentale», selon le cardinal Schönborn, comme l’engagement pour la paix, le débat sur les racines intellectuelles et spirituelles de l’Europe et la protection de la vie.

Q: A l’approche de ce voyage, dans quel état d’esprit sont les catholiques autrichiens et particulièrement les jeunes ?

Cardinal Schönborn: L’attente est très grande en Autriche. Benoît XVI vient en tant qu’ami de notre pays. L’intérêt médiatique est énorme. Il faut veiller aux plus petits détails de préparation. L’Eglise et les catholiques attendent naturellement plus. Dans cet intérêt pour la visite du pape, on voit aussi la nostalgie de beaucoup qui cherchent l’homme de manière tangible. Ces hommes voudraient une réponse sur les questions de base: d’où je viens ? Où je vais ? Qu’est-ce que ma vie ?

Pour préparer la venue du pape, les jeunes ont déjà organisé un voyage à Mariazell. 3000 jeunes de toute l’Europe centrale ont ainsi participé à cette rencontre. Ils ont cohabité, chanté, discuté avec les évêques. Durant ces journées, on a pu voir le visage éternellement jeune de l’Eglise.

Q: Dans un pays sécularisé comme l’Autriche, quel impact la visite du pape peut-elle avoir sur la vie politique et sociale ?

Cardinal Schönborn: Le vendredi 7 septembre, Benoît XVI rencontrera au palais impérial de Vienne les représentants de la République, le corps diplomatique, mais également des membres des Organisations internationales – Vienne est la troisième ville des institutions onusiennes, après New York et Genève -. Nous ne savons pas encore aujourd’hui ce que le pape dira, mais il abordera sans doute des thèmes d’une importance fondamentale: l’engagement pour la paix, le débat sur les racines intellectuelles et spirituelles de l’Europe et la protection de la vie de son commencement à sa fin naturelle.

Ce que le pape dit, les représentants politiques et de la société civile l’écoutent avec grand intérêt. L’Autriche est encore aujourd’hui un pays avec une forte tradition catholique. Les relations de l’Etat et de l’Eglise y sont déterminées par le modèle de la stricte séparation qui domine en Europe occidentale, dans un plein respect mutuel de l’indépendance de chacun, mais dans le même temps, en coopération pour le service des hommes, des citoyens et des croyants.

Q: Benoît XVI se rend à Mariazell aux confins de l’Europe centrale. Quel message attendre à cette occasion et lors de sa rencontre avec les prêtres ?

Cardinal Schönborn: Mariazell n’est pas aux frontières de l’Europe centrale, mais au coeur. C’est un lieu, où «le ciel touche la terre». Depuis 850 ans, des hommes viennent de toute l’Europe centrale en ce lieu calme des Alpes pour confier à la mère de Dieu leurs préoccupations et leurs joies. La statue bienveillante de la Vierge est l’illustration la plus claire du thème de la visite du pape:»regarde le Christ». Je ne peux pas prévoir ce que dira le pape, toutefois je pense que cet aspect européen sera au centre de son discours.

On s’attend à ce que Benoît XVI suive les traces de Jean Paul II qui, lors de ses visites, plaça l’Europe au coeur de ses propos. En 1998, alors que l’adhésion à l’Union des pays d’Europe Centrale et de l’Est était en discussion, le pape se déclara clairement en faveur d’un élargissement, car l’Europe ne peut exister que lorsque ses deux poumons, l’oriental et l’occidental, respirent. Les prêtres et les religieux attendent, comme tous les catholiques, de leur rencontre avec Benoît XVI un renforcement et un encouragement. En Autriche, il y a aussi une crise des vocations. Cette crise ne peut-être surmontée que par un renouvellement en profondeur, une remise en marche. Beaucoup espèrent que la visite de Benoît XVI aura cet impact en Autriche.

Q: Quelles paroles d’encouragement l’Eglise autrichienne attend-elle de Benoît XVI ?

Cardinal Schönborn: L’Eglise catholique en Autriche partage les préoccupations et les joies de l’Eglise dans les autres pays d’Europe occidentale. La tradition catholique y est forte; l’expérience du «Rideau de fer» qui divisa l’Europe a contribué à ce que l’Eglise en Autriche développe un style propre. Comme partout, il y a des ombres et des lumières dans l’Eglise catholique en Autriche. Du côté de la lumière, il y a au début de chaque année 90’000 filles et garçons qui parcourent les villes et les villages pour annoncer l’Evangile et rassembler des fonds pour le Tiers Monde.

C’est la première tâche du successeur de Pierre de renforcer ses frères. Benoît XVI, avec ses mots, sa manière, énonce le trésor de la foi de l’homme dans une langue actuelle. Ce n’est pas un hasard si chaque dimanche et chaque mercredi, beaucoup de gens se rendent place Saint-Pierre à Rome pour l’écouter. Ses paroles, qui font découvrir l’Evangile aux fidèles, donnent courage et force. Benoît XVI part toujours des aspects positifs: pour qui doivent se prononcer les chrétiens ? Pour qui sont-ils ? C’est seulement dans un second temps, si c’est nécessaire, qu’il élève la voix comme un avertissement. La lecture de sa première encyclique «Deus Caritas est» à cet égard est très instructive. (apic/imedia/ms/be)

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