Le pape allemand, « ami de l’Autriche »
Rome, 5 septembre 2007 (Apic) Joseph Ratzinger, enfant de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, a vécu une partie de sa jeunesse dans des villages situés à la frontière avec l’Autriche. Bavarois de souche, il fut ainsi très influencé par les « magnifiques paysages », la « grande culture autrichienne » et les « gens charmants » de ce pays, a-t-il récemment écrit dans une lettre chaleureuse aux catholiques autrichiens.
C’est donc en ’ami’ de cette patrie voisine de son pays natal que Benoît XVI est attendu à Vienne le 7 septembre prochain.
Dans son livre biographique « Ma vie, Souvenirs (1927-1977) » (Fayard, 1998), le cardinal Ratzinger a évoqué ses souvenirs d’enfance, parmi lesquels l’installation de sa famille à Tittmoning, « petite ville sur la Salzach, dont le pont fait frontière avec l’Autriche ». Cette région bavaroise est très proche, culturellement, de la ville voisine de Salzbourg, en Autriche. De longues années durant, le pape se souviendra de Tittmoning, « dont l’architecture rappelle tellement Salzbourg » et qui est « restée le pays des rêves de mon enfance ».
« J’aime ce pays, qui m’est proche depuis mon enfance », rappelle le pape dans la lettre qu’il a envoyée aux catholiques autrichiens. « J’aime les magnifiques paysages de votre patrie, la grande culture autrichienne et les gens charmants de votre pays », confie-t-il aussi.
Durant son enfance, Joseph Ratzinger est ainsi marqué par les nombreuses visites qu’il effectue en famille dans l’Autriche voisine. « Avec nos parents, nous franchissions souvent ce pont pour nous rendre à Salzbourg toute proche », se rappelle-t-il. Le cardinal Ratzinger évoque alors « le pèlerinage à Maria Plain » qui était « toujours au programme, avec la visite des superbes églises et l’atmosphère émouvante de cette ville unique ».
Découvrir Salzbourg sous un nouvel aspect
Certains souvenirs sont plus marquants. Joseph Ratzinger se rappelle ainsi d’une initiative prise par son frère, Georg, pour « découvrir Salzbourg sous un nouvel aspect ». « Le festival était, en raison de la guerre, coupé de son public international ». « Il devenait donc possible d’obtenir des billets à des prix tout à fait raisonnables », se souvient-il. « C’est ainsi que nous avons pu écouter la Neuvième symphonie dirigée par Knappertsbusch, la Grand-Messe en ut mineur de Mozart (.) et d’autres concerts encore, inoubliables ».
Salzbourg, patrie de Wolfgang Amadeus Mozart (né à Salzbourg en 1756, mort à Vienne en 1791), compositeur préféré de Benoît XVI, accueille des festivals de musique reconnus dans le monde entier. Le pape mélomane et pianiste avait évoqué l’Autriche lors de la remise à son frère aîné, Georg Ratzinger, de la Croix d’honneur des sciences et de l’art de la République autrichienne, le 19 mai 2005. « L’Autriche est d’une manière très particulière un pays de la musique », avait-il affirmé. « Qui pense à l’Autriche, pense avant tout à la beauté de la création que le Seigneur a donnée à notre pays voisin. A la beauté des édifices, à la cordialité des gens, mais aussi, et surtout, à la musique », avait alors ajouté Benoît XVI.
Salzbourg en ruines à la fin de la guerre
Cependant, Benoît XVI garde aussi en mémoire des images plus sombres de l’Autriche. Dans « Ma vie, Souvenirs », il a ainsi raconté son retour du service national du travail obligatoire, en novembre 1944, évoquant la ville de Vienne marquée par « les cicatrices des bombardements » et sa « chère Salzbourg » en ruines.
S’il est un ami de l’Autriche, le pape est surtout celui d’un pays « au coeur de l’Europe » qui a donné à la foi « une forme si diverse et si rayonnante qu’elle touche même les hommes qui ne partagent pas ou plus la foi chrétienne ». « Quand je viendrai en Autriche, a-t-il expliqué dans sa lettre aux Autrichiens, je rencontrerai la grande culture qui s’y est enrichie au cours des siècles. Mais avant tout, je rencontrerai le présent: les conflits et les questions d’une époque qui devient toujours plus rapide, l’affaiblissement de la foi et la difficulté d’être chrétien dans la cohabitation entre les différentes cultures et traditions ». Un défi partagé par son ami proche, le cardinal archevêque de Vienne Christoph Schönborn, qui l’accueillera du 7 au 9 septembre dans ce pays chargé de souvenirs d’enfance. (apic/imedia/ms/bb)
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