Mgr László T?kés dénonce un «oecuménisme de façade»
Sibiu, Roumanie, 11 septembre 2007 (Apic) L’ecclésiastique protestant roumain qui aurait déclenché la révolution de 1989 – conduisant au renversement du leader communiste Nicolae Ceausescu – a boycotté le Rassemblement oecuménique de Sibiu. Il proteste contre ce qu’il considère comme un «oecuménisme de façade» en Roumanie.
L’évêque László T?kés, de l’Eglise réformée hongroise du district d’Oradea, en Transylvanie, devait s’exprimer lors du Troisième Rassemblement oecuménique européen qui a eu lieu à Sibiu du 4 au 9 septembre, mais il ne s’est pas présenté.
«En prenant mes distance avec le Rassemblement, je cherche à faire savoir que nos fidèles réformés souhaitent quelque chose de plus qu’un oecuménisme de façade,» a déclaré l’évêque Tökés dans un message adressé aux participants, consultable sur le site Internet http://eea3.reformatus.hu/ et que l’on peut lire sur des tracts distribués aux délégués présents à Sibiu.
L’évêque Tökés, autrefois pasteur à Timisoara, en Transylvanie, s’est distingué en 1989 en tant qu’opposant déclaré au régime de Ceausescu. En décembre 1989, l’armée tua plusieurs dizaines de personnes qui s’étaient réunies autour du domicile de l’évêque pour le protéger d’une arrestation. Cet événement avait entraîné d’autres manifestations, puis le renversement du dictateur communiste.
Dans sa lettre ouverte aux participants, l’évêque déclare que, pendant l’époque communiste, les Eglises du pays étaient forcées de respecter un «oecuménisme de façade». «Depuis, aucun progrès n’a été fait pour qu’un oecuménisme authentique et valable voie le jour», a-t-il ajouté. «De plus, les relations entre l’Eglise orthodoxe, majoritaire, et les Eglises minoritaires, en particulier l’Eglise grecque-catholique et l’Eglise réformée, se sont particulièrement tendues.» Dans un autre communiqué, sur le site Internet, et sur les tracts, l’évêque indique que l’Eglise réformée d’Oradea est en conflit avec l’Eglise orthodoxe roumaine sur une question de propriété.
Selon l’évêque Tökés, la proposition de son Eglise, qui suggérait à toutes les Eglises de Roumanie de signer – pendant le Rassemblement de Sibiu – un document d’engagement à une coopération oecuménique, a été rejetée. En conséquence, l’Eglise protestante avait envisagé d’organiser une manifestation à l’extérieur du Rassemblement, mais elle a abandonné le projet par égard pour les participants.
Les organisateurs du Rassemblement ont dit au correspondant de l’agence oecuménique ENI qu’ils n’avaient aucun commentaire à faire concernant les déclarations de l’évêque Tökés. Le Rassemblement de Sibiu a été organisé par la Conférence des Eglises européennes et le Conseil des Conférences épiscopales européennes. Ces deux organisations représentent la majeure partie des traditions chrétiennes d’Europe, catholique romaine, protestantes, anglicanes et orthodoxes. Cette réunion fait suite aux Rassemblements de Bâle (Suisse), en 1989, et de Graz (Autriche), en 1997. (apic/eni/vb)
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