Inde: Spiritualité de mère Teresa remise en question
Calcutta, 12 septembre 2007 (Apic) Un évêque indien prend la défense de la spiritualité de mère Teresa, remise en question par les médias. Selon Mgr Lucas Sirkar, archevêque de Calcutta, «ceux qui remettent en question la foi de mère Teresa n’ont aucune idée de ce qu’est la vie spirituelle».
Le livre «Mother Teresa: Come Be My Light» (Mère Teresa: viens, sois ma lumière) révèle la correspondance que Mère Teresa a entretenue avec ses confesseurs et supérieurs pendant plus de 60 ans, dont des extraits ont été publiés par le magazine américain «Time».
Selon ce dernier, cette correspondance établirait que, pendant les dernières décennies de sa vie, la religieuse n’aurait à aucun moment ressenti la présence de Dieu. Dans une lettre de 1979, elle aurait notamment écrit à son confident spirituel: «Jésus a un amour tout particulier pour vous … pour moi, le silence et le vide sont si importants que, j’ai beau regarder, je ne vois pas.»
Dans un entretien accordé à l’Agence oecuménique ENI, dans le cadre du dixième anniversaire de la mort de la religieuse, Mgr Sirkar relève que «plus on avance sur le chemin de la sainteté, plus il faut lutter contre ce qui n’est pas saint». «Malheureusement, a-t-il poursuivi, ceux qui ont soulevé la question ne connaissent absolument pas la vie spirituelle ou sacramentelle».
Pour l’archevêque de Calcutta, «beaucoup de personnes sont faibles dans leur vie religieuse et ne sont pas à même de saisir les sentiments exprimés par mère Teresa dans ses lettres».
Eglise pas déçue
Lors d’une messe commémorative célébrée pour le 10e anniversaire de la mort de mère Teresa, Mgr Sirkar a salué sa «foi profonde», qui avait permis à la religieuse de «se consacrer à Dieu» et de «se dévouer jusqu’à la douleur» au service des pauvres et des mourants.
Née à Skopje dans l’actuelle République de Macédoine, mère Teresa est arrivée en Inde en 1929, après avoir suivi une formation en Irlande chez les soeurs de Lorette. Elle entama une vie parmi les pauvres et les délaissés en 1950 et fonda l’ordre des Missionnaires de la Charité, qui compte aujourd’hui plus de 4 800 religieuses et 700 novices dans 134 pays, pour se mettre à leur service.
«L’Eglise n’est pas du tout déçue par ces lettres», a assuré l’archevêque de Calcutta. «Cette controverse est une création des médias.»
Soeur Nirmala, qui a succédé à mère Teresa en tant que supérieure générale de l’ordre des Missionnaires de la Charité, a déclaré à ENI qu’il s’agit d’une épreuve que très peu d’âmes traversent. «Elle survient lorsque Dieu entre dans leur coeur avec une puissance immense.» Et d’ajouter: «La lumière est très forte et la capacité humaine est tellement moindre. Que se passe-t-il lorsqu’on regarde le soleil flamboyant ? On est aveuglé. C’est la même chose». (apic/eni/pr)
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