Il y a une « bombe religieuse » dans l’institution
Dakar, 13 septembre 2007 (Apic) La présence de plus en plus marquée de la religion à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) inquiète son médiateur, Boubacar Diop. Il vient de tirer la sonnette d’alarme, indiquant dans un pré-rapport, qu’il y a « une bombe religieuse » à l’Université.
Le médiateur et facilitateur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) se dit inquiet. Directeur du personnel enseignant, administratif et technique de l’UCAD, il est chargé de la prévention des conflits à l’UCAD. « Il y a une floraison d’associations religieuses », a-t-il déclaré, lors d’une Conférence de presse pour présenter son pré-rapport. Selon lui, dans toutes les universités, « on évoque le problème religieux, mais à Dakar on n’a jamais voulu l’évoquer ». « Durant l’année universitaire 2006-2007, l’UCAD a connu une violence sous toutes ses formes, mais celle à caractère religieux, a particulièrement défrayé la chronique », a-t-il fait remarquer.
Interviewé par l’Apic à Dakar, il a rappelé que l’Uni s’est retrouvée dans une situation complexe, du fait de la construction (en 1986-87), d’une mosquée à l’intérieur de l’université. « Ensuite on a autorisé les chants religieux, ainsi qu’un certain nombre de choses, tout ça par une sorte de lâcheté qui consiste, tout en sachant ce qui se passe, à ne pas vouloir légiférer ou à ne pas vouloir respecter les textes », s’est-il indigné.
Il a invité le rectorat entre autres à « avoir le courage d’en parler et d’appliquer les textes qui interdisent le bruit, les pollutions sonores et tout autre type de pollution dans l’espace universitaire ». Il a encore relevé que l’UCAD a même été transformée à un certain moment en « espace folklorique ». Avec « des tam-tams pendant que les enseignants donnent les cours ».
Pour sa part, Abdou Salam Sall, recteur de l’UCAD, a déclaré récemment lors d’un entretien avec l’Apic, qu’au sein de l’université, « chacun doit défendre son culte ». « A mon arrivée à la tête de l’université en 2004, a-t-il encore indiqué, « j’ai trouvé une mosquée dans l’enceinte, alors qu’en face (de l’Université) il y a une église pour les chrétiens ».
L’implantation d’une mosquée à l’UCAD avait suscité, alors, de vives inquiétudes. Ceux qui s’y opposaient avançaient comme argument, la laïcité des lieux, et une crainte qu’elle ne serve de base à l’islamisme. (apic/ibc/vb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/senegal-le-mediateur-de-l-universite-de-dakar-tire-la-sonnette-d-alarme/