Reporters sans frontières s’en inquiète

Rwanda: Le travail des journalistes devient impossible

Kigali, 13 septembre 2007 (Apic) Reporters sans frontières, dans un document du 11 septembre, s’inquiète de la violence chronique, qui empêche l’information de circuler. Le travail des journalistes devient impossible car ils sont présentés comme « de ennemis du pays ».

Le directeur de publication de l’hebdomadaire privé Umuseso au Rwanda affirme que le travail des journalistes devient impossible, parce que leurs sources refusent de leur fournir des informations, par peur des représailles. Reporters sans frontières lève le voile, dans un document du 11 septembre 2007, comme le rapporte l’agence catholique de presse DIA.

« Nous craignons pour notre vie. Lorsque des membres du gouvernement nous qualifient d’ennemis du pays, il s’agit d’un feu vert envoyé à ceux qui sont susceptibles de s’en prendre à nous, sous prétexte de protéger les intérêts du pays », a fait savoir le directeur de publication d’Umuseso, Charles Kabonero. Celui-ci, interrogé récemment par Reporters sans frontières, a annoncé qu’il allait suspendre temporairement la parution de son journal. Il a fait part de sa grande inquiétude face à la « campagne menée par quatre membres du gouvernement, un représentant de l’armée et un autre de la police ». Ces dirigeants rwandais ont pris part à une émission diffusée le 9 septembre 2007 par la station publique Radio Rwanda et la chaîne publique Télévision rwandaise. L’émission s’intitule « Kubaza bitera kumenya » (« Demander permet de savoir »). Les dirigeants rwandais y prenant part ont tenu des propos très inquiétants pour la liberté de la presse dans le pays et qui préoccupent Reporters sans frontières.

Arrêter tout journaliste ayant publié un document officiel sans permission

Lors de cette émission, le ministre rwandais de l’Intérieur a annoncé que le gouvernement allait prendre des « mesures » contre les journalistes qui cherchent à le « renverser ». L’homme d’Etat rwandais soutient que les forces de police doivent arrêter tout journaliste ayant publié un document officiel, jusqu’à ce que celui-ci divulgue sa source, qui sera à son tour châtiée. L’opinion a compris qu’il faisait allusion au journal Umuseso. Cet organe de presse a dernièrement publié un document classifié du ministère de la Défense.

Le ministre des Finances, de son côté, a accusé la presse indépendante de collaborer avec les « forces négatives ». Il a indiqué que « les services de sécurité avaient découvert que certains journalistes étaient payés par les pays qui s’opposent à notre gouvernement ».

Le ministre de l’Information, Laurent Nkusi, a relevé les « fautes » de trois récentes éditions d’Umuseso, qui relève les « erreurs » de Paul Kagame. Le ministre des Finances, James Musoni, a affirmé que le chef de l’Etat « était respecté et honoré au niveau international grâce au progrès qu’il a fait faire au pays ». Il s’est posé la question de savoir « en vertu de quoi un journaliste rwandais peut se permettre d’émettre telle ou telle allégation à son sujet. Le ministre de l’Intérieur Sheikh Musa Harelimana a fait savoir que le gouvernement rwandais appliquerait une loi adoptée en 1978 dans ce contexte. L’agence rwandaise d’information précise que cette loi identifie une « insulte » à la personne du chef de l’Etat à une insulte au pays lui-même.

Au cours de l’émission, un auditeur a remis en cause la nationalité rwandaise de Charles Kabonero, d’Umuseso, et celle de deux autres directeurs de publication des principaux journaux indépendants (et critiques) de Kigali. (apic/dia/vb)

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