Cette mesure ne vise pas «un retour en arrière»
Rome, 13 septembre 2007 (Apic) Le cardinal Dario Castrillón Hoyos, président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, a souhaité rassurer les fidèles à la veille de l’entrée en vigueur du Motu Proprio Summorum Pontificum libéralisant la messe selon le rite de saint Pie V.
Sur les ondes de Radio Vatican, le 13 septembre 2007, le prélat colombien a expliqué que cette mesure ne visait pas à «retourner en arrière» mais à «donner une plus grande liberté aux fidèles». Il a aussi souhaité que le Motu Proprio soit «un motif de joie».
«Le pape ne veut pas retourner en arrière», a ainsi souligné le cardinal Castrillón Hoyos, précisant que le Concile Vatican II «n’a pas interdit la liturgie de saint Pie V». «Ce n’est pas un retour en arrière, comme certains le soutiennent parce qu’ils ne connaissent pas la réalité». «Au contraire : le Concile a voulu donner une grande liberté aux fidèles», a-t-il ajouté, spécifiant que l’une de ces libertés était «justement celle d’utiliser ce trésor qu’est la liturgie pour le maintenir vivant».
Pour le président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, «le pape a un amour particulier pour la liturgie». «Un amour qui se traduit aussi en capacité d’étude, d’approfondissement de la liturgie elle-même». C’est pour cela, a-t-il expliqué, que «Benoît XVI considère la liturgie antérieure à la réforme du Concile comme un trésor inestimable».
Dans l’interview accordée à Radio Vatican, le cardinal colombien a aussi affirmé qu’avec ce Motu Proprio «le changement n’est pas si grand». «La chose principale, c’est que les prêtres peuvent décider de célébrer la messe dans le rite ancien, sans permission ni de la part du Saint-Siège, ni de la part des évêques», a-t-il continué.
Le cardinal Castrillón Hoyos a aussi évoqué les éventuels cas de «conflit», jugeant que «l’autorité de l’évêque devrait intervenir pour l’éviter, mais sans effacer le droit que le pape a donné à toute l’Eglise». Si quelqu’un empêche la mise en application du Motu Proprio, a-t-il expliqué, «il revient à la Commission pontificale Ecclesia Dei de prendre des mesures, au nom du pape, afin que ce droit – qui est désormais un droit clair pour les fidèles – soit respecté».
Un trésor
Le prélat a enfin souhaité que cette libéralisation de la messe selon le rite de saint Pie V puisse être un «motif de joie pour tous ceux qui aiment la tradition, un motif de joie pour toutes ces paroisses qui n’auront plus de divisions». «Remercions donc le pape qui a rendu à l’Eglise ce trésor», a-t-il conclu.
Avec le Motu proprio Summorum pontificum – publié le 7 juillet 2007 mais entrant en vigueur le 14 septembre – Benoît XVI a étendu la possibilité de célébrer la messe selon les livres liturgiques promulgués le 23 juin 1962, durant le pontificat de Jean XXIII (1958-1963), juste avant le Concile Vatican II et la réforme liturgique qui a suivi, en 1969 et 1970. Il a fait du missel de 1962 «l’expression extraordinaire» de l’unique rite romain.
Le cardinal Castrillón Hoyos célèbrera une messe selon le rite préconciliaire de saint Pie V le jour de l’entrée en vigueur du Motu Proprio, le 14 septembre, à Lorette (Italie). (apic/imedia/ms/pr)
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