Allemagne: Hans Küng présente à Francfort la 2e partie de ses mémoires

Après «Mon combat pour la liberté», la «Vérité controversée»

Francfort, 14 septembre 2007 (Apic) Après «Erkämpfte Freiheit» (Mon combat pour la liberté), paru il y a cinq ans, le théologien suisse Hans Küng édite la 2e partie de ses mémoires, «Umstrittene Wahrheit» (Vérité controversée). Il a présenté le 12 septembre au Centre de formation et de culture «Haus am Dom» à Francfort son ouvrage de plus de 700 pages.

Le Suisse Hans Küng, prêtre catholique âgé de 79 ans, a lu mercredi soir des extraits de «Umstrittene Wahrheit» devant près de 300 auditeurs. Alors que «Erkämpfte Freiheit» touche les quatre premières décennies de sas vie, son dernier ouvrage couvre la période de 1968 jusqu’au retrait de son autorisation d’enseigner au nom de l’Eglise, en 1979. Ses souvenirs sont bien «davantage que de la mémoire», selon l’auteur. Car l’histoire de la vie, des Eglises, de la théologie et l’histoire contemporaine se déroulent l’une dans l’autre».

Hans Küng parle entre autres de son ancien collègue Joseph Ratzinger, devenu le pape Benoît XVI. «Nos chemins de vie avancent en parallèle, se distancient et se croisent à nouveau», écrit-il. Contrairement à Ratzinger, il n’a pas opté pour le système hiérarchique romain mais, en tant que théologien, il a voulu être présent pour les êtres humains, à l’extérieur tout comme à l’intérieur de l’Eglise.

Jean Paul II, «pas un homme de dialogue»

Le théologien suisse rappelle ensuite sa rencontre du 30 juillet 1983 avec le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation de la Foi, au domicile de campagne de ce dernier en Bavière. Dans ses mémoires, il affirme qu’ils ne sont arrivés à absolument aucun rapprochement sur les questions de fonds. Quant au pape Jean Paul II, il n’est jamais entré en matière sur les propositions de dialogue du théologien de Tübingen. «Il n’est pas un homme de dialogue», estime Hans Küng. Mais 22 ans après la rencontre en Bavière, Joseph Ratzinger devenu pape le retrouve à nouveau, en septembre 2005, dans sa résidence d’été à Castel Gandolfo. Cette rencontre a été considérée comme une sensation. Elle a duré plus de deux heures. Mais c’est dans une 3e partie de son autobiographie qu’il en parlera.

Hans Küng est né en 1928 à Sursee dans le canton de Lucerne. Il est nommé professeur de théologie à l’Université Eberhard Karl à Tübingen, en Allemagne. En 1971 il remet en cause certains points de la doctrine catholique sur le dogme de l’infaillibilité du pape. Dans les années 1970, il publie son ouvrage monumental «Etre chrétien». En 1979, suite à une longue controverse, sa Mission canonique est retirée par le Saint-Siège. Il reste à l’Université de Tübingen comme professeur et directeur de l’Institut de recherches oecuméniques et publie «Dieu existe-t-il? Réponse à la question de Dieu dans les temps modernes» en 1981. Il cesse son enseignement en 1996. Déjà dès 1993, il se consacre à la Fondation «Pour un éthique planétaire» (Weltethos). (apic/kna/com/gs/bb)

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