Freiner l’exode des chrétiens au Moyen-Orient

Lucerne: Assemblée générale de l’Association suisse pour la Terre sainte

Jakob Hertach, Apic / Traduction: Bernard Bovigny

Lucerne, 19 septembre 2007 (Apic) Les chrétiens, leurs conditions de vie et les lieux saints en Palestine: ces préoccupations font partie des tâches que s’est données depuis de nombreuses années l’Association suisse pour la Terre sainte. Lundi 17 septembre, une trentaine de membres se sont rencontrés en assemblée générale annuelle au RomeroHaus à Lucerne, en compagnie du Père Elias Aghia.

Au centre de la rencontre, outre les points statutaires, figuraient différents rapports sur la situation en Syrie. L’abbé Thomas Bieger, président de l’association, a présenté un projet de voyage sur place et a exprimé son voeu de paix en ces termes: « Mieux vaut vivre ensemble que mourir les uns contre les autres ». L’insécurité au Moyen-Orient a pour conséquence un intérêt décroissant pour les pèlerinages dans les lieux saints. Récemment, un voyage de l’association en Jordanie n’a pas pu se réaliser. Et même une nouvelle date, en 2008, devra probablement être annulée du fait que l’organisation partenaire a fait faillite.

Le responsable de projets Andreas Waldvogel s’est rendu durant une semaine en Syrie avec des membres du comité. Il dit avoir apprécié l’hospitalité des chrétiens syriens. L’Eglise entreprend beaucoup de choses en vue de freiner l’exode des chrétiens. Elle exploite des écoles et des établissements diaconaux, notamment des maisons de santé, accessibles aux musulmans. Ceci dans l’espoir que ces derniers ne se tournent pas vers les islamistes. Selon Andreas Waldvogel, la Syrie est en train de s’ouvrir du point de vue politique et commercial. Le pays exerce un rôle central dans le processus de paix au Proche-Orient. L’Association pour la Terre sainte prévoit un voyage sur place en 2009. Un membre a affirmé lors de l’assemblée avoir lu dans la presse que la Syrie était « inaccessible » pour les Européens.

Interpréter l’islam est un blasphème

Le Père Elias Aghia, de Harissa au Liban, a porté un regard encore différencié. Il est supérieur général des paulistes, une société missionnaire de 40 membres, tous âgés d’au moins 50 ans. Lors d’un forum de questions, les participants se sont surtout intéressés au rapport entre chrétiens et musulmans. Le Père Elias a répondu en soulignant notamment que l’islam était une religion intolérante. Et en expliquant que pour les islamistes, l’interprétation de l’islam est un blasphème, du fait qu’il est inspiré directement de Mahomet.

Les sourates ajoutées en dernier sont prises très au sérieux et elles ont un caractère fanatique. La vie en commun et la discussion ne sont possibles que si les musulmans sont minoritaires. La Syrie est pourtant considéré comme un pays plutôt tolérant.

En Irak, sous Saddam Hussein, les chrétiens pouvaient même occuper des postes au gouvernement. Mais aujourd’hui, ils sont pourchassés. Les perspectives d’avenir ne sont pas roses, car même l’influence des chrétiens sur la formation et les maisons de santé n’est plus à même d’empêcher les bénéficiaires de se tourner plus tard vers les fondamentalistes.

L’Association pour la Terre sainte soutient depuis la Suisse les chrétiens dans les pays d’origine du christianisme. Une quête annuelle, lors de la semaine sainte, contribue à des projets en Palestine, au Liban, en Syrie et dans d’autres pays du Moyen-Orient. L’action d’automne actuellement en cours soutient les oeuvres de la société missionnaire du Père Elias. (apic/jh/bb)

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