L’Eglise luthérienne namibienne condamne a requête

Namibie: Tentative visant à traîner l’ancien président Nujoma en justice

Windhoek, 19 septembre 2007 (Apic) L’Eglise évangélique luthérienne de Namibie a accusé une organisation de défense des droits de la personne de menacer la stabilité du pays en demandant à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye d’enquêter sur Sam Nujoma, premier président du pays.

Cette réaction fait suite au dépôt d’une plainte à la Cour par l’Association nationale namibienne pour les droits de la personne (NSHR). Cette organisation a affirmé que le Nujoma devait faire l’objet d’une enquête concernant la disparition de milliers de personnes pendant et après la lutte qu’a mené le pays pour l’indépendance, au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

L’Eglise luthérienne a déclaré dans une lettre pastorale qu’elle considérait « les actions de la NSHR et d’autres collaborateurs, qui souhaitent traîner devant la CPI « le père de la nation », le Sam Nujoma, comme « immorales et inacceptables ».

Cette lettre, citée par l’Agence oecuménique ENI le 17 septembre, était signée par l’évêque Tomas Shivute, l’évêque Johannes Sindano et le pasteur Eliakim Shaanika, secrétaire général de l’Eglise.

Sam Nujoma a mené la lutte pour obtenir de l’Afrique du Sud l’indépendance de la Namibie et il est devenu le premier président du pays en 1990. Il a quitté ses fonctions en 2005 après trois mandats présidentiels.

Les allégations portées par la NSHR concernent la disparition de 4’200 personnes au cours de la guérilla menée pendant 27 ans par Sam Nujoma, chef de l’Organisation du peuple du sud-ouest africain (SWAPO). Un grand nombre de ces personnes disparues auraient été détenues par la SWAPO, qui les aurait accusées d’espionnage au profit de l’Afrique du Sud.

Le gouvernement protège son ancien président

Phil ya Nangoloh, directeur exécutif de la NSHR, a déclaré à ENI que son organisation avait recueilli des témoignages sur la façon dont les détenus étaient tués et leurs corps jetés en montagne dans des crevasses de plus de 800 mètres de profondeur, près de Lubango, en Angola.

Le gouvernement namibien a juré de protéger Sam Nujoma contre toute procédure judiciaire pouvant l’amener à faire l’objet d’une enquête pour crimes contre l’humanité.

Nujoma, qui est aujourd’hui président de la SWAPO, fut commandant en chef de l’Armée de libération populaire de Namibie, le bras armé de l’Organisation, pendant la lutte pour l’indépendance du pays.

La CPI a également reçu une demande visant à enquêter sur les événements qui ont eu lieu entre 1994 et 1996, lorsque le président Nujoma imposa l’état d’urgence dans la région de Kavango, dans le nord de la Namibie, ainsi que sur ceux liés à la tentative de sécession de la Bande de Caprivi, dans le nord-est de la Namibie, en août 1999.

L’Eglise évangélique luthérienne de Namibie compte 650’000 fidèles sur les 2 millions d’habitants. Elle est présente essentiellement dans le nord du pays et fut fondée par des missionnaires finlandais en 1870. (apic/eni/pr)

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