Grande-Bretagne: La Communion anglicane veut éviter le schisme
Londres, 20 septembre 2007 (Apic) Réunis depuis mercredi 19 septembre à La Nouvelle-Orléans (Etats-Unis), les évêques épiscopaliens ont reçu le primat de la Communion anglicane, Mgr Rowan Williams.
Depuis mercredi 19 septembre et jusqu’au 25, la Conférence de l’Église épiscopalienne, la branche nord-américaine de l’anglicanisme mondial, est réunie à La Nouvelle-Orléans (États-Unis), en présence de Mgr Rowan Wiliams, archevêque de Cantorbéry et primat de la Communion anglicane mondiale.
Au cours de ces six jours, les 150 évêques épiscopaliens présents (sur un total de 300) devront définitivement dire s’ils approuvent deux décisions prises lors de la Convention générale des primats anglicans à Dar-Es-Salam (Tanzanie) cet hiver.
La première décision, rappelle le quotidien catholique La Croix du 20 septembre, stipule que les Églises de la Communion anglicane n’autorisent pas la bénédiction de couples de même sexe, la seconde qu’elles ne désirent pas appeler à l’ordination épiscopale un prêtre candidat vivant une relation avec un partenaire de même sexe, et cela « jusqu’à ce qu’un nouveau consensus sur cette question émerge au sein de la Communion anglicane »
L’Église épiscopalienne des États-Unis, qui constitue l’une des 38 provinces de la Communion, a provoqué une grave crise dans l’anglicanisme mondial en choisissant Gene Robinson, qui s’affiche ouvertement au sein d’un couple homosexuel, comme évêque épiscopalien du New Hampshire en août 2003.
Ne pas ordonner d’évêque homosexuel dans la communion anglicane
Cette ordination avait été perçue par la plupart des 37 autres Églises comme une provocation : cinq ans plus tôt en effet, lors de la conférence de Lambeth (qui réunit tous les dix ans l’ensemble des primats anglicans et qui a autorité juridique), en 1998, les primats avaient voté à 85 % une recommandation dite de Windsor (du nom du groupe d’évêques qui l’avait présentée) selon laquelle aucune Église de la Communion anglicane ne devait ordonner d’évêque homosexuel.
L’article de la Croix précise que « Les Américains, avec leur mentalité indépendante, ont décidé de faire ce qu’ils voulaient, sans tenir compte des autres Églises », résume le Révérend Kenneth Letts, vicaire général du diocèse anglican en Europe occidentale. Depuis 2003, la Communion anglicane est ainsi menacée d’éclatement.
La situation s’est encore durcie ces derniers mois. Le 5 mai, l’archevêque nigérian Peter Akinola, chef de file des anglicans conservateurs, a présidé à Woodbrige (Virginie) l’installation de l’évêque Martin Minns, un nouveau prélat issu d’un groupe épiscopalien dissident très critique envers l’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis.
Mgrs Rowan Williams et Katharine Jefferts Schori première femme primat de l’Eglise épiscopale américaine, l’avaient pourtant prié de ne pas assister à cette cérémonie. Aux Etats-Unis, en juin 2007, une Église parallèle pour les épiscopaliens conservateurs s’est d’ailleurs créée. Le 30 août, l’Église anglicane kényane déclarait avoir ordonné deux évêques pour les États-Unis, qui ne seront plus sous la juridiction de l’Église épiscopalienne locale. Et début septembre, c’était l’Église anglicane en Ouganda qui annonçait qu’elle ordonnerait aussi un évêque pour les États-Unis. La situation est donc des plus confuses
Vers l’exclusion de fait de l’Eglise épiscopalienne américaine
À La Nouvelle-Orléans, le Dr Rowan Williams va donc, selon l’expression du Rev. Letts, « jouer de son autorité morale personnelle ». L’archevêque de Cantorbéry – dont la primauté n’est pas juridique -, après avoir écouté les évêques épiscopaliens, devrait souligner l’importance de leur décision pour maintenir l’unité de la Communion anglicane. Si les évêques américains ne donnent pas leur accord définitif sur les deux points de la Convention de Dar-Es-Salam, alors, « de fait, l’Église épiscopalienne américaine deviendra dissidente », écrit La Croix, citant encore le Rev. Letts.
De la réponse des évêques américains dépend par ailleurs en partie le déroulement de la prochaine Conférence de Lambeth, en juillet 2008. Plusieurs évêques conservateurs des Églises du Sud ont déjà prévenu qu’ils bouderaient ce sommet anglican si les évêques épiscopaliens y venaient.
Le 30 septembre est la date fixée par les primats anglicans des 38 provinces à laquelle la conférence épiscopalienne devra confirmer définitivement son accord. Tim Watson, anglican, très engagé dans le dialogue catholique-anglican et, par ailleurs, membre depuis près de dix ans de la communauté du Chemin-Neuf à Lyon, lui, est optimiste. Il rappelle par ailleurs que Katharine Jefferts Schori avait appelé l’Église épiscopalienne à un temps de prière et de jeûne après la Convention de Dar-Es-Salam, afin qu’elle se prépare à la rencontre de La Nouvelle-Orléans « dans la patience et le discernement ». Autant de signes, selon lui, que « de part et d’autre on est décidé continuer d’avancer vers Lambeth 2008 », rapporte La Croix.
Après s’être exprimés mercredi 19 septembre devant l’archevêque de Cantorbéry, puis l’avoir écouté vendredi, les évêques épiscopaliens américains seront invités samedi à visiter les chantiers de reconstruction de la capitale de la Louisiane, toujours détruite aux deux tiers à la suite de l’ouragan Katrina. Dimanche 23 septembre, chaque évêque présent célébrera la messe dans l’une des paroisses de la ville.(apic/cx/vb)
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