Liban: Un attentat qui concerne les chrétiens comme les sunnites
Beyrouth, 20 septembre 2007 (Apic) «Tout le monde sait au Liban que ce qui est arrivé n’a rien à voir avec la religion. Les chrétiens ne se sentent pas plus concernés que les sunnites à l’heure actuelle car il s’agit d’un problème politique», déclare un missionnaire salésien sur place.
Missionnaire salésien de la Maison d’El Houssoun, dans la province de Jbeil, à 35 km au nord de Beyrouth, Don Dani el Hayek réagit à l’attentat qui a tué hier le député du parti «Kataeb» Antoine Ghanem, ainsi que neuf autres personnes à Sin el-Fil, quartier chrétien. L’agence catholique MISNA l’a contacté pour obtenir des renseignements sur la situation, après l’attentat d’hier 19 septembre.
«Les Libanais le savent, ce pays a toujours été un terrain d’affrontement entre les puissances étrangères – dit le missionnaire – ; le fait est que ces forces changent, et il n’y a jamais une seule clé de lecture». Antoine Ghanem, compagnon de parti de l’ex-ministre de l’Industrie, Pierre Gemayel – assassiné lui aussi en novembre dernier -, était membre de la majorité parlementaire anti-Syrie, majorité qui ne compte désormais que trois voix de plus que l’opposition au sein du Parlement, composé de 128 députés. Une semaine avant l’élection d’un nouveau président, et de l’échéance prochaine du mandat d’Emile Lahoud (considéré comme un solide allié du gouvernement de Damas), cet attentat épaissit les ombres qui enveloppent la scène politique libanaise.
«Le système politique est en danger, et le risque d’une désagrégation sociale est possible», déclare Don Dani el Hayek, rappelant les paroles prononcées par le patriarche maronite, Monseigneur Nasrallah Sfeir, selon lequel le «destin du Liban dépend de l’élection d’un nouveau président de la République», en souhaitant qu’il soit élu «pour tous les Libanais, sans distinction». Les présidentielles sont déjà au centre d’un bras de fer entre la majorité parlementaire, qui soutient être en mesure d’élire le nouveau chef de l’État avec 50,1% des voix (65 députés sur 128). L’opposition avance quant à elle que le quorum des deux tiers est nécessaire. Près de trois ans après l’assassinat de Rafiq al Hariri, en février 2005, ouvrant la voie à une vague de meurtres politiques, le pays des Cèdres lutte toujours pour affirmer son indépendance et préserver ses fragiles équilibres, analyse le missionnaire salésien (apic/misna/vb)
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