Prendre les cadres du Tiers-monde serait dramatique

France: Le cardinal Ricard met en garde contre l’immigration choisie

Montpellier, 21 septembre 2007 (Apic) Le cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, a donné une conférence le soir du 19 septembre dans son ancien diocèse de Montpellier. Il a notamment mis en garde contre les dangers de l’immigration choisie et une «utilisation délétère» des tests ADN.

L’archevêque de Bordeaux était de retour dans la ville où il est devenu évêque en 1996, rappelle le quotidien La Croix dans son édition du 20 septembre. Il quittera en novembre la présidence de la Conférence épiscopale française, et a été récemment élu à la vice-présidence du Conseil des conférences épiscopales européennes (CCEE).

C’est à l’invitation de l’Institut diocésain de formation que le cardinal français a donné sa conférence devant 200 participants lors d’un colloque intitulé «Eglise en France, Eglise en Europe, qu’est-ce qui change?». Il a développé sa vision des relations entre l’Eglise et l’Etat et a commenté en particulier la loi sur l’immigration et la polémique sur les tests ADN.

Une sélection des immigrations en fonction des besoins peut se comprendre, mais prendre les cadres et les universitaires des pays du Tiers-monde serait dramatique, a affirmé le prélat. Il s’est également inquiété, au sujet du durcissement des conditions de regroupement familial voté par l’Assemblée nationale, d’une «réduction à zéro du rapprochement des familles, ce qui toucherait aux droits de l’homme», rapporte La Croix.

Tests ADN: la boîte de Pandore

Le ton se fait encore plus dur lorsqu’il aborde l’utilisation de tests ADN pour établir une filiation. «Je comprends leur utilisation pour des crimes. Mais peut-on les appliquer à d’autres domaines?», affirme-t-il, ajoutant: «Il ne faudrait pas ouvrir la boîte de Pandore et aller vers une utilisation délétère des tests».

Le cardinal Ricard s’est toutefois montré satisfait des relations avec le gouvernement. La mise en place d’une instance régulière de dialogue a contribué à une meilleure compréhension réciproque, a-t-il expliqué. L’archevêque de Bordeaux a conclu en soulignant que l’application du motu proprio sur la messe tridentine n’a pas débouché pour l’instant sur une avalanche de demandes en France, contrairement à ce que certains groupes annonçaient. (apic/lacroix/bb)

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