Rome: Le pape salue l’abolition de l’avortement thérapeutique au Nicaragua
Rome, 24 septembre 2007 (Apic) Benoît XVI a salué la politique du Nicaragua en faveur de la vie, et en particulier l’abolition de l’avortement thérapeutique en 2006. Le pape s’adressait au nouvel ambassadeur nicaraguayen près le Saint-Siège à Castel Gandolfo, le 24 septembre 2007. C’est ce lundi que José Cuadra Chamorro a présenté ses lettres de créance au pape. Celui-ci a aussi souhaité que les Etats accroissent leur aide aux femmes «qui ont de graves problèmes de grossesse».
Devant le diplomate, Benoît XVI a remercié les autorités nicaraguayennes pour leur position sur des thèmes sociaux, spécialement le respect pour la vie, face à de nombreuses pressions internes et internationales. Le pape a ainsi salué «l’abolition de l’avortement thérapeutique» par l’Assemblé nationale au Nicaragua, l’an passé.
Interdiction totale, même pour sauver la vie de la mère
En octobre 2006, le congrès nicaraguayen avait en effet approuvé une loi punissant de 4 à 8 ans de prison les médecins qui pratiquent un avortement thérapeutique. Cette loi interdit désormais les interventions auprès de toutes les femmes, même pour les victimes de viol, d’inceste ou celles dont l’accouchement présente un risque mortel. Un avortement qui pourrait sauver la vie de la future mère est tout à fait interdit. Dans le passé, il était permis aux médecins d’intervenir en pratiquant une interruption de grossesse.
Le pape a cependant affirmé qu’il était «indispensable d’accroître l’aide de l’Etat et de la société aux femmes qui ont de graves problèmes de grossesse». Après avoir estimé que le thème de la vie était «incontournable», Benoît XVI a évoqué la nécessité urgente de sauver et de promouvoir les valeurs humaines et morales face à tant de formes de violence, y compris dans les foyers, qui est souvent le fruit de la désintégration de la famille ou de la dégradation des moeurs.
Le taux d’analphabétisme est remonté à pratiquement 50%
Le souverain pontife a également salué le souhait du Nicaragua de combattre le problème des drogues, d’accroître l’alphabétisation et d’éliminer la pauvreté. Il a ensuite donné des remèdes pour atteindre ces objectifs et pour réduire ainsi l’inégalité entre ceux qui ont tout et ceux qui manquent des biens essentiels comme l’éducation, la santé et une maison. Dans la pratique, si dans le Nicaragua néo-libéral l’enseignement de base est officiellement gratuit et obligatoire, plus d’un tiers des enfants en âge de scolarité ne fréquentent pas l’école et deux élèves sur trois ne termineront pas l’école secondaire. Le taux d’analphabétisme est remonté à pratiquement 50%, alors qu’il était tombé à quelque 12% suite aux campagnes d’alphabétisation menées par les sandinistes au début des années 80.
Selon Benoît XVI, «la transparence et l’honnêteté dans la gestion publique sont fondamentales». Face à n’importe quelle forme de corruption, selon lui, ces deux valeurs «favorisent la crédibilité des autorités devant les citoyens et sont déterminantes pour un développement équitable». Dans son intervention en espagnol, Benoît XVI a notamment évoqué l’ouragan Félix qui a durement éprouvé le Nicaragua au début du mois de septembre.
Pour sa part, José Cuadra Chamorro a transmis au pape une invitation du président Daniel Ortega à visiter le Nicaragua. Daniel Ortega, président du Nicaragua de 1985 à 1990 pendant le gouvernement sandiniste, a été nouvellement élu en novembre 2006.
José Cuadra Chamorro, né en mars 1955. Conseiller de la présidence de la République entre 1993 et 1995, il a été ambassadeur près le Saint-Siège (1997-1998), mais également en Italie (2002-2006) et au Mexique (2006-2007). (apic/ami/imedia/be)
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