Polémique autour de la mort de Jean Paul II

Rome: Les partisans italiens du droit à l’euthanasie montent au créneau

Rome, 26 septembre 2007 (Apic) Après la publication, le 14 septembre 2007, d’une note de la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelant l’obligation d’alimenter et d’hydrater les malades en état végétatif, les partisans italiens du droit à l’euthanasie sont montés au créneau. Pour se faire, ils se sont saisis du dossier médical et de la mort de Jean Paul II pour affirmer que celui-ci se serait laissé mourir.

Le 26 septembre 2007, à Rome, le directeur de la revue laïque de gauche MicroMega, Paolo Flores d’Arcais, a convoqué la presse pour demander que toute la lumière soit faite sur la mort de Karol Wojtyla et pousser l’Eglise à changer son discours sur les conditions de la fin de vie. Il était accompagné de l’épouse de Piergiorgio Welby à qui l’Eglise avait refusé des funérailles religieuses, en décembre dernier, parce qu’il avait demandé à être débranché de l’appareil respiratoire qui le maintenait en vie.

La principale intervenante de cette conférence était l’anesthésiste Lina Pavanelli, auteur d’un article controversé sur « la mort douce de Karol Wojtyla ».

La directrice de l’école d’anesthésie de Ferrare (Italie) s’est en effet penchée sur la longue agonie de Jean Paul II, de février à avril 2005. Elle s’est appuyée sur les bulletins alors délivrés par le Saint-Siège pour démontrer que le pape polonais était mort d’un manque volontaire d’alimentation. Selon elle, si le patient avait été correctement nourri, il aurait pu survivre plusieurs années. A la praticienne, il a été rétorqué que Jean Paul II avait, dans les dernières semaines de sa vie, une sonde gastrique qui lui était retirée lors de ses apparitions publiques. Une opération que le pape supportait mal.

Mais pour la professeur Pavanelli, la réponse est insuffisante, pire les médecins n’auraient pas suivi les protocoles qui s’appliquent d’ordinaire à un malade de Parkinson. Atteint depuis 15 ans de ce mal dégénératif, « le pape et ses médecins connaissaient parfaitement son évolution. Ils avaient eu le temps de penser à cette fin prévisible », estime-t-elle. Et d’accuser ses confères d’être intervenus en dernier recours. Le pape aurait dû subir une trachéotomie avant le mois de février 2005 et surtout une sonde abdominale aurait permis de le nourrir sans douleur, sans le laisser s’affaiblir. Ses médecins le savaient, mais n’ont rien fait. Est-ce par la volonté de leur patient ?

Jean Paul II aurait-il refusé des soins? Le 2 février 2005, le pape était transféré une première fois à l’hôpital Gemelli de Rome. Il aurait alors refusé qu’une sonde abdominale lui soit posée. Après une seconde hospitalisation, du 24 février au 13 mars, il regagnait le Vatican pour y mourir moins d’un mois plus tard.

Version officielle

Apparaissant en public malgré le conseil des médecins, incapable de s’adresser à la foule, il avait perdu entre 15 et 19 kilos. Le 30 mars, le Vatican annonçait officiellement qu’une sonde gastrique lui avait été posée. Le 31 mars, frappé d’une septicémie suivie d’un arrêt cardiaque, ses médecins ordonnèrent un retour à l’hôpital. Le pape refusa.

Le 2 avril 2005, à 15h30, Karol Wojtyla déclarait officiellement: « Laissez-moi aller au Père ». Il existe plusieurs versions de ses dernières paroles. Elles sont interprétées par les uns comme sa volonté de mourir en paix, sans acharnement thérapeutique, par les autres comme une prière intérieure. Cette dernière version est celle de son médecin personnel (et celui de Benoît XVI), Renato Buzzonetti. Pour lui, les soins apportés au pape n’ont jamais été interrompus. Il s’agit de la version officielle du Vatican qui fut publiée dès le mois de septembre 2005 pour mettre fin aux rumeurs qui courraient déjà. (apic/imedia/hy/pr)

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