France: projet de Loi sur l’immigration
Paris, 1er octobre 2007 (Apic) A l’occasion de la discussion d’un nouveau projet de loi sur l’immigration en France, présenté au Parlement, la Fédération protestante de France s’inquiète.
Dans son esprit, comme dans son contenu, dit le communiqué de la Fédération protestante de France (FPF) le texte adopté ces derniers jours à l’Assemblée nationale et qui sera présenté au Sénat soulève «plusieurs questions de principe qui ne peuvent laisser les Églises indifférentes».
C’est tout d’abord la volonté affirmée par le ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, comme par les membres de sa majorité, de réduire l’immigration familiale au profit d’une immigration économique. «Si nous comprenons le souhait du gouvernement de mieux adapter l’immigration aux besoins et à la capacité d’accueil du pays, il ne nous paraît ni convenable ni conforme à nos valeurs chrétiennes de vouloir contingenter l’exercice du droit des étrangers à vivre avec leur famille». La FPF craint que les mesures envisagées «viennent encore plus fragiliser des milliers de familles déjà en difficulté».
Quant à introduire un test génétique aux fins de vérification ou d’authentification des membres d’une famille, cette mesure est qualifiée par la FPF qui se déclare «choquée» d’»intrusion dans la vie privée et l’intimité des familles». Tout comme il est choquant, dit le communiqué, de constater que la représentation nationale accepterait une telle intrusion dans la vie des familles étrangères alors qu’elle le prohibe à l’égard des familles françaises.
La FPF s’élève aussi contre la réduction de moitié du délai de recours auprès de commission des recours des réfugiés . Une mesure dont la portée concrète risque fort de réduire drastiquement «un droit d’appel essentiel pour des réfugiés qui ont fui et sollicitent la protection de la France». Nous ne pouvons oublier, rappelle la FPF, «la promesse que l’État nous avait faite, en avril 2006, de ne pas modifier négativement ce délai».
Sans-papiers exclus de l’hébergement d’urgence
Quant à l’amendement qui prévoit d’exclure les personnes sans papiers des structures d’hébergement d’urgence, elle est également contestée par la FPF qui assure «pour nos Églises, la protection et l’assistance à apporter aux plus pauvres ne peuvent tolérer aucune discrimination».
Les risques de fragilisation accrue des familles étrangères et des demandeurs d’asile ne peuvent laisser les chrétiens sans réaction. C’est pourquoi, affirme la FPF, nous invitons les parlementaires à porter, dans leurs débats et votes à venir, la plus grande attention au respect que chaque personne et chaque famille pourront recevoir du fait des mesures qu’ils s’apprêtent à adopter.
La Fédération protestante de France invite, quant à elle, les Églises membres de la Fédération protestante et les mouvements qui leur sont proches à veiller aux conditions d’accueil, de protection et d’accompagnement des migrants. Et promet qu’elle «s’attachera à ce que les valeurs d’humanité, de confiance et d’intégration, prédominent dans notre pays, dans un contexte souvent marqué par la méfiance.
Un communiqué signé conjointement par la Fédération protestante de France, avec le Centre d’Action Sociale Protestant – CASP, la Cimade , la Fédération de l’Entraide Protestante , la Fondation de l’Armée du Salut , la Mission Populaire Évangélique de France. (apic/fpf/vb)
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