Qui doit s’adapter aux mutations sociales et religieuses
Genève, 5 octobre 2007 (Apic) La revue des jésuites romands «Choisir» consacre son numéro d’octobre à un constat: l’Eglise pour être entendue, doit s’adapter aux mutations sociales et religieuses, «s’inculturer». Le titre résume à lui seul la réflexion: «Eglise, s’adapter pour donner». La livraison d’octobre comprend plusieurs contributions
Depuis l’arrivée de Benoît XVI, les prises de position du Vatican semblent confirmer un durcissement du discours de l’Eglise et son éloignement des réalités socioculturelles dans lesquelles se vivent les Eglises locales, constate «Choisir». En Suisse, «qui fut très marquée par les divisions confessionnelles et où une culture oecuménique s’est développée comme une réalité historique et dynamique», écrit Joseph Hug dans son éditorial, la publication des questions-réponses de la Congrégation pour la doctrine de la foi a réveillé des vieilles blessures». Dans ce numéro, articles à l’appui, «Choisir» insiste sur le fait que l’Eglise, pour être entendue, doit s’adapter aux mutations sociales et religieuses, «s’inculturer», comme l’a «toujours prôné la Compagnie de Jésus».
La messe et le sacré
Parmi les textes contestés : le Motu proprio sur l’usage de la liturgie romaine d’avant 1970, défendu par certains comme une marque du «retour du sacré». Un argument discuté par Jean Civelli, prêtre, qui montre que le sacré ne se trouve pas dans un rite en soi. Il nous ramène à la Bible où les conceptions de l’Ancien et du Nouveau Testaments diffèrent fondamentalement : avec Jésus, «le sacré est là où des hommes acceptent la présence de l’amour de Dieu qui transfigure leur vie».
Mutation religieuse et sociale au Pérou
Autre dossier de la livraison d’octobre: La foi peut exercer une influence positive sur le développement. On le constate au Pérou où les évangélistes jouent un rôle sociopolitique parfois plus important que les catholiques. Annette Dietschi, spécialiste du développement, a visité au Pérou les projets de Mission 21, Bâle. Elle témoigne de cette évolution, liée en partie au retour du conservatisme catholique et de son éloignement des préoccupations des pauvres et de la culture andine. A l’inverse, les évangélistes, aujourd’hui, n’insistent plus seulement sur la transformation personnelle mais en font un catalyseur pour des changements sociaux et politiques.
La mission en mutation
La rencontre entre le christianisme et d’autres cultures a entraîné des changements dans la réflexion du rôle de la mission et dans sa pratique, surtout après le concile Vatican II. Michael Amaladoss, jésuite indien, les présente, en mettant l’accent sur l’inculturation et sur la nécessité de mettre en place des objectifs interreligieux concrets et locaux autour de valeurs communes, comme l’option pour les pauvres. (apic/com/pr)
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