Un évêque évangélique craint une flambée de violence

Namibie: Querelle autour des accusations portées contre Sam Nujoma

Windhoek, 5 octobre 2007 (Apic) Un responsable de l’Eglise évangélique luthérienne de Namibie affirme que la décision d’un groupe de défense des droits de la personne de faire juger l’ancien président Sam Nujoma devant la Cour pénale internationale de La Haye pourrait entraîner des actes de violence, voire même une guerre civile.

« Une seule étincelle peut déclencher un incendie », a déclaré à l’Agence oecuménique ENI l’évêque Thomas Shivute, évoquant les manifestations de jeunes et d’étudiants soutenant Sam Nujoma, qui a mené la lutte armée contre l’Afrique du Sud en faveur de l’indépendance et qui est devenu le premier président du pays en 1990. Sam Nujoma a pris sa retraite en 2005, après trois mandats présidentiels.

La Cour pénale internationale a confirmé en août le dépôt d’une plainte par l’Association nationale namibienne pour les droits de la personne (NSHR). L’association affirme que Sam Nujoma et trois autres personnes doivent faire l’objet d’une enquête pour crimes contre l’humanité, en raison de la disparition d’exilés namibiens en Angola pendant la lutte pour l’indépendance menée par Sam Nujoma, alors chef de l’Organisation du peuple du sud-ouest africain (SWAPO).

Les allégations portées par l’organisation des droits de la personne font référence à la disparition de 4’200 personnes pendant la guérilla. Beaucoup de ceux qui ont disparu auraient été détenus par la SWAPO, qui les accusait d’espionnage au profit de l’Afrique du Sud.

Discorde au sein de l’Eglise

L’Eglise évangélique luthérienne de Namibie, qui s’oppose à des poursuites contre l’ancien président, a rencontré des représentants de l’organisation des droits de la personne pour discuter d’une lettre pastorale publiée par l’Eglise, qui accusait l’organisation de menacer la stabilité nationale. Le journal The Namibian a indiqué le 17 septembre que certains pasteurs de l’Eglise luthérienne de Namibie avaient refusé de lire la lettre à leur paroisse.

« Nous avons clairement indiqué au cours de la rencontre que nous ne protégions et que nous ne critiquions personne pour les erreurs faites avant ou après l’indépendance », a déclaré l’évêque Shivute. « La solution est que chacune des parties pardonne à l’autre ou qu’elles règlent les problèmes autour d’une table. »

« Ce n’est pas à l’Eglise évangélique luthérienne de Namibie de nous dire de ne pas avoir recours à la justice », a répondu Dorkas Philemon, porte-parole de la NSHR. « Le problème concerne davantage la désinformation. L’Eglise évangélique luthérienne de Namibie compte 650’000 fidèles sur les 2 millions d’habitants. (apic/eni/pr)

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