Rome: Le Vatican s’interroge sur les circonstances de la mort d’un évêque chinois

Et sur l’empressement du pouvoir à « se débarrasser » du corps

Rome, 9 octobre 2007 (Apic) Un mois après la mort d’un évêque chinois, Mgr Han Dingxiang, « L’Osservatore Romano » (OR) a fait part de ses doutes concernant les circonstances exactes de la disparition du prélat. Dans son édition datée des 8 et 9 octobre 2007, le quotidien du Vatican s’interroge également sur l’enterrement express de l’évêque de Handan, sans cérémonie religieuse et sans que nul n’ait pu voir son corps.

Dans une colonne intitulée « deuil dans l’épiscopat », le quotidien du Saint-Siège indique que « la nouvelle de (la) mort » de Mgr Han Dingxiang, évêque de l’Eglise « clandestine », « a surpris tout le monde car il ne semblait pas que le prélat était malade ou souffrant ». « L’Osservatore Romano » rappelle également que le prélat avait été emprisonné « pendant plus de vingt ans » et puis, « depuis début 2006, avait pour ainsi dire ’disparu’ et personne de connaissait le lieu où il était confiné ».

« Ce qui s’est passé après sa mort a ensuite suscité tristesse et regret », assure le quotidien avant d’indiquer que « le prélat est mort vers minuit et que le lendemain à sept heures du matin, son corps avait déjà été incinéré et enterré sans aucun rite religieux et sans que ses prêtres et ses fidèles ne puissent rendre hommage à sa dépouille ». Le journal précise enfin que, selon ses informations, « le lieu de la sépulture est placé sous étroite surveillance policière ».

Interrogées par I.Media, les autorités du Saint-Siège ont seulement affirmé que « l’article de ’L’Osservatore Romano’ parle de lui-même ».

Mgr Dngxiang, décédé à l’age de 68 ans, avait été ordonné prêtre en novembre 1986 et avait été consacré évêque en novembre 1989. Il a passé 35 années de sa vie sous surveillance policière. Entre 1960 et 1979, les autorités chinoises l’avaient enfermé dans un camp de travail forcé.

Les doutes de la Fondation Kung

Les interrogations de l’OR sur les circonstances de ce décès et surtout sur l’empressement des autorités chinoises à « se débarrasser » du corps vont dans le sens de ce que demandait la Fondation Kung, qui demandait en septembre une enquête sur la mort de cet évêque chinois

Le 12 septembre la Fondation du cardinal Kung, basée à Stamford aux Etats-Unis, demandait en effet au Vatican de mener une enquête officielle sur la mort de l’évêque chinois Han Dingxiang. Le prélat, issu de l’Eglise catholique clandestine, non reconnue par Pékin, est décédé le 9 septembre à l’âge de 70 ans.

Les autorités chinoises ont ordonné l’incinération du corps de Mgr Han Dingxiang immédiatement après le décès, dénonçait déjà Fondation Kung. « Et quelques heures après, les cendres ont été enterrées dans un cimetière. Seuls quelques membres de sa parenté ont pu voir sa dépouille », précisait-on.

Surtout, le président de la Fondation Kung jugeait cette procédure suspecte. Il se demandait de quoi avait peur le gouvernement chinois, au point d’incinérer le corps six heures après le décès et à cinq heures du matin. Il est par ailleurs inhabituel que les prêtres du diocèse n’aient pas pu bénir la dépouille de leur évêque et prier auprès d’elle. (apic/arch/imedia/ami/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-le-vatican-s-interroge-sur-les-circonstances-de-la-mort-d-un-eveque-chinois/