Mise en garde de l’ONG « Forward »
Londres, 11 octobre 2007 (Apic) Des milliers de jeunes filles en Grande-Bretagne courent le risque de subir des mutilations sexuelles, dénonce une ONG internationale qui lutte contre ce fléau. « Forward » (Foundation for Women’s Health, Research and Development), une organisation basée à Londres, affirme que plus de 20’000 filles de moins de 15 ans vivant en Angleterre et au Pays de Galles sont exposées à des mutilations génitales.
« Forward » considère cette estimation des filles menacées comme étant encore « conservative » parce que nombre de femmes et de jeunes filles ont trop honte ou sont trop effrayées pour parler des expériences traumatisantes auxquelles elles ont été exposées.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la plupart des cas de mutilation sexuelle féminine chez des fillettes ou des femmes concernent 28 pays d’Afrique, mais on rencontre aussi des cas en Asie et au Moyen-Orient. Il y en a aussi de plus en plus en Europe, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique, avant tout parmi des immigrants en provenance de ces pays.
Dans certaines communautés, ces mutilations sont considérées comme un passage obligé à l’âge adulte pour les jeunes filles. Efua Dorkenoo, une sage-femme originaire du Ghana, cofondatrice de « Forward », relève que le gouvernement britannique a introduit une loi interdisant ces pratiques, dans le cadre de la protection des mineurs.
Les mutilations sexuelles féminines, souvent désignées également par l’expression « circoncision féminine », recouvrent toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou la lésion des organes génitaux féminins pratiquée pour des raisons culturelles ou religieuses.
Mais ces pratiques considérées comme barbares n’ont pas de fondement dans l’islam, bien que certaines communautés musulmanes les pratiquent parce qu’elles croient en toute bonne foi que ces coutumes relèvent de la foi musulmane, alors qu’elles y sont antérieures. Quand elles ne sont pas pratiquées clandestinement en Grande-Bretagne, ces atteintes à l’intégrité physique et psychique des jeunes filles se passent souvent dans les pays d’origine des familles immigrées, au cours de vacances dans la famille.
A l’heure actuelle, l’OMS estime qu’entre 100 et 140 millions de fillettes et de femmes ont subi une mutilation sexuelle. On pense que, chaque année, deux autres millions de fillettes risquent d’être soumises à cette pratique. (apic/oms/bbc/be)
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