Genève: Radio Cité est en négociation avec des partenaires privés
Genève, 16 octobre 2007 (Apic) L’exécutif de la Ville de Genève estime que Radio Cité ne remplit pas les conditions requises pour l’octroi d’une subvention. La décision prise lundi soir par le Conseil administratif de la ville de refuser les 150’000 francs demandés par le législatif en juin dernier pour sauver Radio Cité n’ôte pourtant pas tout espoir aux responsables de la radio d’inspiration chrétienne à Genève.
« Nous prenons acte de cette décision, tout simplement », confie mardi à l’agence Apic Gérald Sapey, directeur ad interim de Radio Cité. L’ancien directeur de la Radio suisse romande a repris ad interim la gestion de la radio non commerciale après le départ de son président et directeur Jean-Claude Genecand, décédé en février 2006. Il est toujours d’avis que personne n’a envie de voir mourir cette d’inspiration chrétienne, oecuménique et humaniste. Il a encore bon espoir de sortir de l’ornière la seule radio associative sur Genève et la seule radio généraliste genevoise, en proie à de graves difficultés financières.
« Nous ne serons donc pas sauvés par les pouvoirs publics, ces 150’000 francs n’auraient de toute façon pas suffi », lâche-t-il. Il n’en dira pas plus dans la phase actuelle de négociations avec d’éventuels repreneurs privés. Ni sur la forme que prendra cette radio originale née en 1984, ni sur le maintien ou non de son caractère de radio chrétienne.
Au début de l’été, 300’000 francs manquaient à la trésorerie de Radio Cité, dont 150’000 francs de dettes provenant de l’exercice écoulé. A la mort de J.-C. Genecand, il y a eu un certain flottement dans la reprise de la gestion comptable, admettait alors G. Sapey. Sans qu’il n’y ait eu une quelconque malversation.
L’association Radio Cité est l’émanation des trois Eglises fondatrices. Elle a reçu mandat en 1983 du Conseil exécutif de l’Eglise protestante de Genève, du Conseil exécutif de l’Eglise catholique romaine à Genève, du Synode cantonal de l’Eglise catholique-chrétienne de Genève de diffuser un programme local de radio dans la région genevoise. La radio devait le faire conformément aux termes de la concession octroyée le 23 juin 1983 par le Conseil fédéral et renouvelée en 1994.
Sur un budget d’environ 800’000 francs, les Eglises fournissent actuellement moins de 100’000 francs. Outre les 300’000 francs octroyés au titre de la redevance, et la participation des Eglises, les ressources sont assurées par des dons, des parrainages d’émissions et des partenariats. Mais Radio cité n’est pas une voix institutionnelle, tout en voulant être une voix chrétienne dans le concert médiatique. Les Eglises n’ont en effet jamais dirigé ni vérifié le contenu des émissions.
Notons que le Conseil d’Etat genevois avait refusé d’accorder une aide, arguant du manque de base légale pour le faire. Fin juillet, le Conseil Municipal de la Ville de Genève s’était prononcé favorablement (par 49 oui, 17 non, 6 abstentions) sur une motion urgente, enjoignant le Conseil administratif à accorder une subvention exceptionnelle de 150’000 francs en faveur de Radio Cité dans le but de lui permettre de passer un cap difficile. Mais le Conseil administratif n’avait pas l’obligation de suivre la recommandation de son Conseil municipal.
Au niveau de l’auditoire, outre les 12’000 auditeurs quotidiens dans le bassin genevois – soit un rayon qui va de Genève à Rolle – Radio Cité peut être entendue jusqu’à Lausanne et du côté français, presque jusqu’à Chamonix. JB
Encadré
Pas de rupture avec les Eglises, mais pas la voix officielle des Eglises
Fondée en 1984 par les trois Eglises reconnues du canton de Genève, Radio Cité a déjà traversé bien des vicissitudes. C’est le pasteur André Laporte qui, en 1981, a proposé aux trois Eglises reconnues à Genève de présenter une demande de concession à l’autorité fédérale. Celle-ci reçut 294 candidatures, dont 19 à Genève. Une seule, dans tout le pays, émanait des Eglises. On lui attribua l’une des deux concessions du canton.
Une équipe de professionnels fut constituée et Radio Cité commença à émettre en mai 1984. L’expérience s’avéra vite trop coûteuse et fut interrompue en septembre 1985. Une courageuse équipe refusa de signer le certificat de décès et demanda une prolongation de la concession à Berne. C’est ainsi que Radio Cité ressuscita le jour de Pâques 1987. En s’appuyant, cette fois-ci, essentiellement sur le bénévolat. Il y eut bien d’autres épisodes et, des milliers d’heures d’émission plus tard, Radio Cité est toujours sur les ondes.
La radio reçoit un soutien du « Club 500+ », soit des personnes qui s’engagent à verser au minimum 500 francs par an et à promouvoir Radio Cité dans le cercle de leurs amis et connaissances. Les Eglises n’ont jamais ni dirigé ni vérifié le contenu des émissions et nombre de celles-ci n’ont pas de coloration religieuse. Radio Cité est d’inspiration chrétienne et humaniste, elle accorde un temps d’antenne privilégié aux Eglises, mais donne également la parole aux juifs, aux musulmans et à d’autres courants sociaux ou philosophiques. Il n’y a pas eu rupture avec les Eglises, mais une clarification quant à l’autonomie de Radio Cité, qui maintient cependant une relation privilégiée avec elles. (apic/be)
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