«Israël n’acceptera pas un Etat palestinien»:
La Haye, 16 octobre 2007 (Apic) «Les paroles de Condoleezza Rice sont très belles, mais je ne pense pas qu’Israël soit disposée à accepter la naissance d’un véritable État palestinien», a commenté John Dugard, envoyé des Nations Unies pour les droits de l’homme dans les Territoires Palestiniens, lors d’un entretien accordé à l’Agence missionnaire Misna sur les proposition de la Secrétaire d’État américaine. Selon lui, l’unique possibilité d’une paix est un retour aux frontières de 1967. Avec Jérusalem comme capitale de l’Etat palestinien.
Présente à Ramallah pour s’entretenir avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et en prévision d’un éventuel sommet en Amérique destiné à relancer le processus de paix dans la région, Condoleezza Rice a déclaré lundi que «le temps est venu de constituer un État palestinien». Pour John Dugard, il s’agit d’une phrase qui doit se vérifier sur le terrain, en tenant compte des intentions de Tel Aviv et du peuple israélien
«Il n’existe pas d’éléments nous permettant de conclure qu’Israël veut d’un État palestinien, ni même que les Israéliens sont prêts pour une telle entreprise, sans parler des problèmes dus à la faiblesse de l’exécutif d’Ehud Olmert et à la question de Jérusalem et des établissements en Cisjordanie».
Contacté à La Haye, John Dugard énumère les problèmes irrésolus d’une région qu’ils connaît bien: «Cela fait sept ans que je voyage à travers les Territoires Palestiniens : d’un point de vue humanitaire, la situation n’a jamais été pire qu’actuellement. La fermeture des principaux passages de frontière a enfermé la population de Gaza dans une véritable prison. Selon lui, la circulation des personnes est impossible et il est difficile de trouver des vivres de première nécessité nous sommes face à un haut niveau de pauvreté qui pourrait générer une troisième Intifada.
Des médiateurs timorés
La Cisjordanie inquiète également John Dugard: «Israël considère la Bande comme une entité hostile et justifie la fermeture des frontières et les autres mesures prises par la nécessité de lutter contre le Hamas. Mais la situation est la même en Cisjordanie, bien qu’il y ait le Fatah au pouvoir: le nombre de postes de contrôle a augmenté, les incursions et les raids se sont multipliés, on continue à construire le mur et les établissements des colons juifs sont encore à leur place».
«J’espère me tromper, ajoute Dugard, mais je ne pense pas que la Conférence de paix programmée par les Américains marquera une victoire. Je ne pense pas non plus que le ’Quartette’ des médiateurs (Onu, Russie, Etats-Unis et Union européenne, Ndlr) opère de manière impartiale: c’est la raison pour laquelle je demanderai devant l’Assemblée générale que l’Onu se retire d’un organisme au sein duquel elle est instrumentalisée par les Américains eux-mêmes».
Il existe tout de même une solution, aux yeux de Dugard: «Le chemin le plus plausible et réaliste pour la paix passe par la reconnaissance des frontières de 1967, avec Jérusalem capitale d’un État palestinien, le retrait des établissements des colons de la Cisjordanie et au moins la reconnaissance par Israël d’avoir causé l’une des plus grandes vagues de réfugiés de l’histoire». (apic/misna/pr)
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